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des moyens métrages pour les séances de diffusion et les concerts

À côté de la série des Préludes à l'espace, des Voyages en acousmonef et des installations / interventions des Utopies et uchronies, il est des pièces singulières, le plus souvent composées pour être diffusées selon la formule du concert.
Une des difficultés que pose cette situation d'écoute pour la sonofixation est la grande variété des configurations haut-parlantes. Pour pouvoir assurer la portabilité et la diffusion de pièces d'origines différentes, dans des lieux et avec des équipements différents, un certain niveau de normalisation des formats, à travers une certaine simplification de cette diversité, est nécessaire (voir l'espace concret).
Une partie de mon travail et de mes recherches depuis la fin des années 80 a été consacrée à cette question, à la fois par la réalisation d'œuvres et par la manière dont j'ai développé mes moyens de production, notamment mon atelier haut-parlant.

Trois grands modèles se partagent aujourd'hui, très inégalement, l'espace des diffusions. Chacun posséde des qualités qui s'accordent plus ou moins bien à certains types d'écriture et d'expression, et il est aujourd'hui facile d'appliquer au sein de chacun d'eux les adaptations nécessaires pour que le format des œuvres s'accorde au mieux aux configurations matérielles particulières que l'on peut rencontrer (voir les exemples sur la page télécharger).


Les systèmes périphoniques sont de loin les plus représentés aujourd'hui sur la planète. Ils sont organisés de manière à entourer plus ou moins complètement le public, vers qui ils projettent l'image d'un espace tri-dimensionnel. Ce sont eux auxquels on fait généralement référence aujourd'hui lorsqu'on parle d'immersion, et ils sont principalement représentés ici par les formats Cinéma et surtout les Dômes.


Les dispositifs holophoniques et volumétriques, grâce à la répartition de points haut-parlants à l'intérieur de l'espace de diffusion (ou à leur virtualisation partielle), permettent quant à eux de produire les sons vraiment dans les trois dimensions, d'être avec les sons plutôt que seulement au milieu d'eux. Les systèmes de diffusion basés sur ce principe comme 4DSound et l'Acousmonef sont hélas encore très peu répandus aujourd'hui.

Le modèle de l'acousmonium, surtout lorsqu'il dispose d'un étagement significatif des plans de distance, peut bien-sûr faire l'objet de compositions originales, mais l'absence de concertation et un support des techniques multicanales souvent très partiel rendent actuellement son utilisation très aléatoire. J'ai néanmoins l'espoir qu'il finisse par être autant consacré à la création qu'à l'interprétation car il constitue une potentiellement riche alternative à l'omniprésence du dôme...

Toutes les pièces qui sont présentées sur cette page sont intégralement sonofixées et ne nécessitent aucune transformation de type spatialisation ou interprétation durant leur lecture. Courts, moyens ou long métrages, elles sont faites pour être entendues directement, comme elles ont été réalisées, ou dans une adaptation qui en respecte la matière comme le sens.
Leur format de composition est indiqué par le pictogramme correspondant, accompagné du nombre de canaux de la version originale (en espace nodal quantifié).
Certaines pièces sont disponibles en téléchargement dans leur format original ou dans un format pré-adapté. Contactez-moi...

    

 

L A   C A G E

Initialement inspiré par la série de gravures des "Carceri" de Piranèse, cinq mondes-tableaux sur l'envahissement.

1. Les Ombres
2. Les Ondes
3. Les Mots (d'après les archives Photosonor)
4. Les Notes
5. Les Autres (prises de son en Inde de Christine Thévenet)

Dedans, dehors.
Des colonnes d'enceintes autour des auditeurs comme une citadelle à clairvoies, des barreaux qui, le temps de la projection, les emprisonnent de leur étreinte sonore. Au delà, un ailleurs qu'on entrevoit, mais pas d'échappatoire pour autant.
Dedans, d'autres enceintes. Les sons habitent l'espace, ils en sont, eux aussi, les prisonniers, soumis à l'obsession qui les a réunis, contraints à collaborer, à s'associer, à construire à l'intérieur de ce périmètre.



59 canaux

47'

2012-18

 

 

C O Q U I L L E S   &   B U L L E S
Une collection de pièces synthétiques et (plus ou moins) sphériques, fragiles ou envahissantes, délicates ou brutales, cassantes, craquantes, coupantes, crépitantes, explosantes, mais aussi hésitantes, fuyantes, caressantes, des matières premières, immédiates, essentielles.

       

Depuis la fin des années 80, je m'étais éloigné des synthétiseurs, et, comme la plupart de mes amis, j'avais hélas revendu ceux que je possédais pour me procurer d'autres équipements (il faut bien reconnaître que les années 90 n'étaient pas particulièrement excitantes dans ce domaine...).
Mais récemment, parmi le flot d'instruments et de logiciels guidés le plus souvent par la nostalgie, certains ont su poursuivre l'aventure. C'est le cas notamment du MatrixBrute d'Arturia et du Cosmosf SaturnS de Sonic-Lab, d'un côté une machine monophonique qui reprend et étend les grands principes de la synthèse analogique, et de l'autre un logiciel inspiré des recherches de Xenakis sur la synthèse granulaire stochastique. Ce duo a été rejoint par d'autres instruments, y compris des acousmodules que j'ai conçus spécialement pour la synthèse spatiale, avec lesquels je me suis plu à modeler, tisser, graver, fracturer et concasser la matière !

Cela a donné naissance à un ensemble de courtes pièces à l'écriture souvent dépouillée, aux gestes élémentaires, aux couleurs crues, basées sur une dualité un peu simpliste mais aux variations infinies : d'un côté une coquille membranaire à la fois rigide et élastique, envelopante et perçante, parcourue de vibrations électriques, et de l'autre une bulle perceptive au centre de laquelle prend idéalement place l'auditeur-noyau et qu'il partage avec tout un flottement de fantômes ;-)

 

54 canaux / HOA10

durée variable

2018

 

 

 

L E S  P A R A D O X E S  D ' U N E  S P H È R E  T R O N Q U É E

Une manière simple de se représenter l'espace sonore est de le considérer à travers le point de vue singulier d'un auditeur placé au centre d'un paysage, et d'en partager la sphère perceptive, la tête dans une bulle transparente aux limites incertaines.
Prenons alors cette sphère : tentons de reconstituer le point vers lequel tout semblait converger au moyen d'un réseau de projecteurs placés sur sa périphérie, et, pour des raisons pratiques, n'en conservons que la moitié supérieure. Cette demie coquille, cette surface bombée ouverte sur le vide, forme alors un espace haut-parlant paradoxal aux propriétés remarquables car, heureusement, la sphère tronquée est aussi un dôme truqué !

Son premier paradoxe est que là où se placent les auditeurs est également l'endroit où l'on ne peut réellement situer aucun son, seulement y répandre leurs fantômes, en espérant que ceux-ci se croiseront de temps en temps d'une paire d'oreilles sur leur passage.
Son second paradoxe est qu'il faut s'élever pour aller au centre, et par conséquence, qu'on ne peut monter sans en même temps se rendre au milieu : les deux dimensions sont indissolublement liées.
Son troisième paradoxe est qu'il ne possède pas vraiment de surface... Entre les points plus ou moins espacés des nœuds qui constituent son maillage, les sons s'aggrippent, glissent, ou disparaissent ?
Enfin son quatrième paradoxe, qui ne lui est d'ailleurs pas propre, est celui de sa taille, de son étendue. Il ne s'agit pas seulement d'une question de proximité ou d'éloignement, d'une histoire de présence et de distance, de ce qui est ici et de ce qui est ailleurs, de ce qu'on imagine voir et de ce qu'on peut toucher... c'est toute l'histoire du son haut-parlant qui, à partir du moment où l'on ferme les yeux, génère de nouveaux espaces, irréductibles au dispositif technique et au lieu dans lequel il se trouve.

"Les paradoxes d'une sphère tronquée" est un puzzle jamais résolu, constellé d'images et d'objets animés. À la manière d'une larve de phrygane qui construit son fourreau à partir des débris de matières hétéroclites qui se trouvent autour d'elle, cet assemblage parcoure d'une manière fantasque une trentaine d'années de prises de sons et de techniques de captation microphonique (agrémentées de quelques emprunts prélevés ici et là...) qu'il découpe, juxtapose et imbrique sans vergogne tout autour des auditeurs.
C'est que la capture des sons-espaces et les multiples manières qu'ils ont de se révéler à nous au moyen des haut-parleurs constitue toujours pour moi une source infinie d'émerveillement, et trouve avec ces paradoxes un terrain de jeu fantastique.
Et puis, derrière les rencontres un peu baroques, à travers les coïncidences plus ou moins prévisibles, se dessine aussi peu à peu une histoire autour de ces fragments de vies disparues...
La pièce peut être adaptée à certains acousmoniums sous le titre Les paradoxes d'une sphère aplatie.

45 canaux

21'30

2016-19

 

 

  

H I S T O I R E S   F A N T A C O U S M A T I Q U E S

Quatre parties enchaînées :
L'horloger solitaire
Marmites de géants et cheminées de fées
Le Passage
Le train vers les étoiles

Les "sons-qui-racontent-quelque-chose", ceux que l'on a nommés à une certaine époque anecdotiques, ceux qui nous relient à un vécu sur lequel il semble facile de mettre des mots, ceux qui, presque immanquablement, font surgir des images visuelles arrachées à nos histoires personnelles, bref, quelques-uns de ces sons là constituent les personnages et les décors de ces "histoires".
Des histoires de sons, donc, pleines de mouvement et hautes en couleurs, sussurantes ou tonitruantes, un cinéma-pour-l'oreille pas vraiment narratif mais fortement sensitif (et en vraie 3D s'il-vous-plaît !), qui puise son fantastique dans quelques images du quotidien...
C'est aussi, bien modestement, mon hommage au Berlioz de la Symphonie fantastique et à la forme du poème-symphonique romantique, au principe quasi symétrique de celui de la musique concrète

38 canaux

40'20

2006-15
R ?

 

 

 

J E U X   D E   C O N S T R U C T I O N  
Constructions III

Après les tentatives d'assemblage des Constructions I et les empilements chaotiques des Corps sonnants, ce troisième volet de la série des Constructions fait référence aux heures innombrables que j'ai passées, étant enfant, à construire des... choses.
Que ce soit avec les tiges, plaques, vis et boulons du Meccano, avec les blocs de bois du Châlet Suisse, ou avec vraiment n'importe quoi, je n'ai jamais pu suivre des plans. Finalement, ce que j'aimais le plus, c'était tâtonner, c'était rechercher des agencements, des combinaisons qui, à partir d'une collection d'objets élémentaires plus ou moins hétéroclite, donnaient naissance à des objets nouveaux, pas totalement imprévus, mais au moins surprenants, et, pour les plus chanceux d'entre eux, un peu durables.
Ça n'a pas changé...
Jeux de construction est une collection de courts moments légers qui peuvent être regroupés en suites de durée variable. 



32 canaux
durée variable
2013-14


 

 

C I N Q   P O R T R A I T S   D E   M A R I E - L O U I S E

1. À la tienne !
2. C'est pas des cloches qu'on entend ? 
3. Ça j'aimais mes moutons
4. Comme des chiens 
5. Moi j'vais jamais mourir  

Le personnage de ma grand-mère, tout du moins une série d'enregistrements réalisés à la volée dans les années 70 à 90, se retrouve comme un fil rouge dans plusieurs de mes pièces (1990 La route buissonnière, 1993 Scènes de la réalité plus ou moins quotidienne, 1994 Feuillets d'album).
Elle est le sujet unique de ces nouveaux tableaux, dont certains sont d'ailleurs issus de ces pièces anciennes, construits avec ou autour de sa voix, de ses mots. 



32 canaux

23'

2011-2013

 

 

 

T O U R N A G E S

Quinze mouvements : 1. Toccata, 2. Rondeau, 3. Allemande, 4. Courante, 5. Lamento, 6. Aria, 7. Fugue, 8. Ricercar, 9. Ritournelle, 10. Passacaille, 11. Sarabande, 12. Canon, 13. Intermède, 14. Bourrée, 15. Finale

Cette pièce à été composée exclusivement à partir des tournages sonores réalisés par des élèves de 5ème au Collège François Truffaut à L'Isle-d'Abeau (dans le cadre de l'action "acousmatique au collège" organisée par Le centre du son, enseignante Viviane Héritier).
L'idée était de faire découvrir l'acousmatique aux élèves en les impliquant en tant qu'acteurs sonores, en leur permettant de suivre pas à pas le "comment ça se pense", "comment ça se fait", "comment ça s'écoute", de suivre l'histoire de la construction de l'œuvre de l'élaboration du projet jusqu'à sa diffusion finale.
Ça a été également pour moi l'occasion d'expérimenter des techniques de capture multiphonique originales, puisque chacune des quatre séances de tournage sonore était basée sur une méthode, un lieu et un propos spatial particuliers :
- courses et appels en intérieur et en extérieur, petits groupes (quadriphonie) ;
- jeux vocaux et corporels collectifs dans la salle du concert (18 micros positionnés au futur emplacement des enceintes) ;
- jeux de corps sonores en prises individuelles (stéréo) ;
- voix et mots (mono).
Le choix de m'inspirer de la suite baroque pour la structure de la pièce et de ses éléments m'a permis de conjuguer le temps très court de la réalisation avec le déroulement rigide des interventions avec les élèves. Quant au dispositif, pour moi qui ne suis pas un adepte de la disposition en cercle (!), le disque s'imposait ici, et j'ai pu ainsi "faire tourner les sons" sans vergogne ;-)
Tout cela donne une pièce au caractère ludique, très "musicale" dans sa facture comme dans son esprit. 



VO 18 canaux en disque
45'

Petite Suite
32 canaux en cirque

2009

 

 

 

M U S I Q U E S   L É G È R E S

Des suites de piécettes colorées et acidulées, principalement destinées à l'écoute lors de séances à domicile ou dans de petits lieux avec l'acousmobile de chambre et de campagne, mais ayant montré qu'elles pouvaient aussi s'adapter à des circonstances variées et beaucoup plus vastes tout en conservant leur caractère intimiste : la magie de l'agrandissement sonore !

B I B E L O T S   A G R A N D I S
Sept pièces d'après l'installation Bibelots à observer de près.
Conçues pour un micro-acousmonium de moins d'un mètre cube, stylisées ou ouvragées, souvent chargées d'émotion et de souvenirs, des curiosités sans prétention.

M U S I Q U E S   D E   C H A M B R E S
10 pièces : 1. la chambre à air, 2. la chambre à étincelles (ou à bulles), 3. la chambre d'accusation, 4. la chambre de commerce et d'industrie, 5. la chambre d'amis, 6. la chambre funéraire, 7. la chambre des députés (ou Introuvable), 8. la chambre sourde, 9. la chambre de bonne, 10. la chambre froide.

E A U X - F O R T E S
D'après l'installation éponyme, gestes imprimés dans la matière des sons, traces fugitives ou fortement creusées, une collection de planches en relief : 1. Manière de crayon, 2. Taille douce, 3. Estampe, 4. Ratures, 5. Lavis, 6. Pointe sèche, 7. Aquatinte 



16 à 24 canaux

2007-2008

 

  

C I N Q   T E N T A T I V E S   D ' A S S E M B L A G E
Constructions I

1. Blocs et bribes - Essai d'emboîtements
2. Écailles et débris - Images sous le vent
3. Lignes et failles - Suspension
4. Traces et déchirures - Essai de liaisons
5. Amas et brisures - Vitraux dans le soleil   

Première pièce de la série des "Constructions", celle-ci explore cinq manières très différentes de construire un espace avec des petits morceaux de sons. Entre fragilité et pesanteur, finesse et solidité, hésitation et détermination...

22 canaux
27'
2005-06


 .

 

SCÈNES  DE  LA  RÉALITÉ  plus ou moins  QUOTIDIENNE
Vingt-cinq portraits, paysages et scènes de genre

"Scènes de la réalité plus ou moins quotidienne" a représenté un jalon important dans l'évolution de mon travail acousmatique. Après quelques tentatives d'exploration d'une certaine idée de "narration" sonore (comme avec les "Illuminations chronophagiques avant l'orage" en 1992), j'ai trouvé ici un mode de figuration qui me convenait, à la fois simple, sans trop d'artifices, et riche par les juxtapositions infinies de sens véhiculés par les images sonores.
C'est à ce jour la pièce la plus "anecdotique" que j'aie réalisé, qui pourrait presque être "radiophonique" si l'espace hexadécaphonique ne représentait pas un aspect aussi fondamental de son écriture et indispensable à son expression.

16 canaux 3D
48'
1993

 

 

L E   T E M P S   D E S   A M B I G U I T É S

1: Étude de ciels : étude à la Turner sur la mouvance et les couleurs, l’abstraction qui se dégage de l’observation active de la nature
2: "L'armoire de Protée" : emboîtements et métamorphoses d’images du quotidien, parfois jusqu'à saturation
3: Entre cristal et fumée : arrêt sur images sonores, équilibre instable, fragilité d'un paysage pointilliste
4: Le Sommeil : engourdissement et vigilance, étirement du temps, les images remplissent le silence...
(titres précédents : Mouvance - Relief - Couleurs, Vie - Espace - Images, Ma vie métamorphique)

Œuvre à la génèse tourmentée (techniques utilisées, titres, parties, versions...), elle a fini par trouver un relatif équilibre dans sa révision actuelle. Il existe peut-être encore quelques "divines longueurs", mais c'est aussi parce que c'est une œuvre qui est à la fois pointilliste et étirée, dense mais qui prend toutefois son temps... Le temps de jouer avec l'ambigü, d'attendre et de surprendre, de laisser ses images se combiner et se métamorphoser. 
C'est un grand voyage, plein de bruit et de mystère, un film qui ne raconte rien, sur un très grand écran et en relief...  

12 canaux

59'40

1991

 

 

 

Q U A T R E   É T U D E S   D ' E S P A C E

Quatre parties enchaînées :
1. Le Palais aux rochers de fenêtre
2. Lentement vers le Nord
3. De mains pâles aux cieux lassés
4. Multiplication des arcs

Ma première œuvre réellement multiphonique, bien que réalisée avec seulement deux enceintes comme écoute, a obtenu (dans une réduction stéréophonique) le Prix du jury lors de la première édition du Concours de composition acousmatique Noroit en 1989.
C'est la peinture d'Yves Tanguy qui m'a donné les clés de ces quatre premières Études (toutes les œuvres qui ont suivi peuvent être considérées aussi, au moins en partie, comme d'autres études d'espace).
              

8 canaux

14'50

1987-89