d e s   S O N S   d a n s   l ' a i r . . .
p r o j e c t i o n s

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La manière de présenter les œuvres acousmatiques en public m'a toujours fortement concerné et interrogé, et c'est même le point de départ pour beaucoup de projets. Si sur ce plan les installations et les interventions permettent de définir presque à chaque fois la manière dont on peut investir l'espace et le temps de l'écoute, la situation de spectacle, et notamment celle du concert, est finalement beaucoup plus contraignante.

Tout d'abord, on peut choisir entre deux modèles de présentation temporelle : celui du "spectacle vivant" (théâtre, danse et musique) et celui de la séance cinématographique, autrement dit celui de l'interprétation (quelle que soit sa "profondeur") ou celui de la projection. Pour ma part, sauf exception (voir les interventions) le second s'est depuis longtemps imposé par sa cohérence artistique et son efficacité sonore : je "tourne" (enregistre et fabrique mes sons), je réalise dans mon atelier quelque-chose qui est fixé sur un support (aujourd'hui informatique), qu'ensuite je projette directement pour un public sous la forme de séances qui peuvent facilement être répétées, ne requérant aucune adaptation/transformation active. C'est simple et c'est clair pour tout le monde...

Mais dans ce cas, se pose tout de même la question de la reproductibilité technique des œuvres au sein de la petite niche que nous représentons (acousmates et apparentés). Le cinéma, avec ses fortes contraintes commerciales, a établi des formats de production standards qui, même s'ils ont forcément fluctué au fil des époques, ont permi d'assurer une large diffusion et une certaine pérénité des films.
Dans le cas de l'acousmatique, la configuration a-minima de la spatialisation en direct (live donc...) de compositions stéréophoniques a longtemps joué ce rôle. Cependant, cette astuce merveilleuse (impossible de trouver plus économique comme chaîne de production/transmission/diffusion !) présente des limites draconiennes lorsque les exigences compositionnelles vont plus loin dans l'intégration de la dimension spatiale, lorsque composer l'ensemble de ce que l'on offre et être réellement responsable de ce qui est donné à entendre représente une nécessité. Et là, on se retrouve alors très vite confronté à des incompatibilités entre les différentes conceptions et mises en œuvre des systèmes de projection sonore.

Au fil du temps, de mes compositions et de mes réflexions, de l'évolution de l'environnement technologique et médiatique, de mes expérimentations techniques et de mes développements logiciels, j'ai fini par rassembler ma production pour les séances-concerts selon un nombre réduits de dispositions plus ou moins standards, des manières différentes mais complémentaires de placer ensemble sons et auditeurs en situation de spectacle acousmatique.
On trouve ainsi la disposition "Cinéma 3D" de conception très traditionnelle, qui donne la priorité à la représentation imagée se déroulant principalement dans l'axe du champs visuel (c'est celle du cinéma et des arts scéniques comme le théâtre, la danse et le concert musical), mais aussi le "Cirque 3D" qui donne plutôt la priorité au mouvement et à une perception plus plastique du son et de l'espace (c'est celle que l'on trouve dans les évènements à caractère sportif, comme le cirque, le ring ou le stade). Le troisième modèle, qui convient bien aux projections "immersives", c'est le Dôme (qui pour moi revient tout de même à un "cirque" sans la partie intérieure) que l'on connait au planétarium ou dans certaines salles de spectacle "à 360°", alors que le quatrième, le "Réseau 3D" (régulier ou non) permet d'obtenir une définition et une tangibilité du son encore plus importante qu'avec le Cirque, mais nécessite par contre de repenser complètement la place et l'attitude du public. Quant à la "Scène 2D", c'est à dire la disposition de base des acousmoniums traditionnels, compte tenu des difficultés que l'on rencontre pour y diffuser des compositions multiphoniques un peu exigeantes, j'ai maintenant abandonné ce format.

le Cinéma        le Cirque        le Réseau         le Dôme       et la Scène (2D)
(voir les
illustrations en bas de page)

Mes compositions sont bien-sûr intîmement liées à ces dispositions, tant techniquement qu'esthétiquement, ce qui fait que, compte tenu du nombre de canaux de projection nécessaire (je ne parle pas du nombre des voies de diffusion...) et de l'utilisation quasi constante de la dimension verticale, les lieux ou les acousmoniums qui peuvent les accueillir sont hélas encore assez peu nombreux.
J'ai donc constitué plusieurs dispositifs, des acousmobiles, qui me permettent de proposer des séances d'écoute dans des petits lieux d'une manière parfaitement adaptée.
 

Les pièces sont présentées ici par ordre chronologique inverse de leur achèvement, de la plus récente à la plus ancienne, incluant (titres en italique) celles qui sont en cours de réalisation ou en révision (mais pas celles qui ont été retirées des diffusions, voir la liste complète sur le catalogue général).
Techniquement, elles sont toutes réalisées en canaux discrets (haute résolution). La valeur qui est donnée représente celle de la composition, qui peut être ensuite réduite si nécessaire pour la diffusion sur un dispositif compatible (par exemple le format NHK 22.2 pour la disposition Cinéma, ou l'HOA pour le Dôme).

Pour compléter ces quelques présentations, des mixages en binaural, indiqués par l'image , sont généralement disponibles dans la section écouter.

 

C O N C R E T   X

CONCRET X : où l'auteur s'impose comme épreuve quasi initiatiX de composer sur LinuX avec PanoramiX cette sorte de séquelle en ambisoniX, plus chaotiX que stochastiX, du fameux Concret PH de Iannis Xenakis.

Ingrédients : charbon de bois, suie chaude dans son tuyau de poêle (enregistrements réalisés avec un microphone Sennheiser MKE 2002 et un DAT portable dans les années 90), Panoramix (merci à l'IRCAM pour cette version gratuite), Reaper en version native pour Linux, Ubuntu Studio 16 (il est possible de télécharger les prises de sons originales).
 

sphère HOA ordre 3

6'45

2017

 

 

É T U D E S   P O U R   M E M B R A N E S

Séries d'études à la fois préparatoires à la composition de "L'incommensurable épaisseur d'une membrane", et terrain d'expérimentation ouvert sur le tournage multi-microphonique et son rapport avec les espaces de projection.
Certaines de ces études peuvent donner lieu à des pièces diffusables dans le cadre de séances-concerts.

La première série est consacrée aux corps sonores et aux dispositifs de captation de proximité à l'intérieur de l'espace de l'atelier. Un ensemble de vidéos-journal en retrace la préparation et la réalisation sous la rubrique Le temps du faire.

 



VO 57 canaux

2016~

 

   

L A   C A G E

1. Les Ombres
2. Les Ondes
3. Les Mots*
4. Les Notes
5. Les Autres

Dedans, dehors.
Dehors : les enceintes autour des auditeurs comme une citadelle à clairvoies, des barreaux qui, le temps de la projection, les emprisonnent de leur étreinte sonore. Derrière, un ailleurs possible.
Dedans : d'autres enceintes, avec les mêmes auditeurs. Les sons habitent l'espace, ils en sont, eux aussi, les prisonniers, tournent en rond et se heurtent les uns aux autres en tentant de s'échapper.
Ça, c'est la cage physique, celle qui délimite sans occulter, qui enferme les corps tout en laissant les sens s'en échapper un peu, et qui peut également protéger ses occupants des éventuelles aggressions extérieures.
Et puis il y a la Cage Immatérielle.
Les règles et les croyances, les habitudes et la répétition, ces grilles qui bornent le périmètre de notre curiosité et de nos actions, qui filtrent ce qui doit y entrer et ce qui peut en sortir, qui nous sécurisent et nous convainquent de leur nécessité.
Nous marchons la tête dans une cage à oiseaux : la porte est-elle au moins entr'ouverte ?

(* d'après les archives Photosonor)



57 canaux

(45')

2012-17 ?

 

 

T E R R E S

à Osiris HD 209458 b - CoRoT-7 b - OGLE-2005-BLG-390Lb - KOI-172.02 - Kepler-62 e - Gliese 581 d etc...

On commence à peine de répertorier ces exoplanètes, et elles sont déjà des centaines à exciter notre imaginaire.
Elles sont détectables, mais pour l'instant totalement inobservables‚ et nous rêverons encore très très longtemps de ces mondes aux paysages forcément extra-ordinaires, dont certains abritent à n'en pas douter des formes de vies proprement incroyables. Mais n'est-ce pas déjà le cas de notre Terre ?
Mais, en tant que lecteur assidu de SF, c'est surtout jouer des rencontres sur-réalistes entre ce qu'on croit connaître, ce qu'on peut imaginer et ce qu'on ne pouvait pas prévoir...
Terres est une longue plongée dans des espaces plus ou moins inhabitables, un lent voyage en acousmonef où laisser son esprit voler sur les ondes toujours palpitantes des sons.
 

42 canaux

(1h ?)

2011-?

 

  

L E S   C H O S E S   S I M P L E S
(dix petites catastrophes)

Une série en cours : Le néon, Le poêle, Le chat, La bille, La mouche, La planche, La route, La chaise, Le puits, Le disque.

Naïves, anecdotiques, brutes, le premier degré du son haut-parlant à la mode du "ceci-n'est-pas...", une collection d'esquisses et de tracés où les images sonores sont mises à nu par le haut-parleur même.

Ce fut presque un interdit, un tabou, mais c'était surtout à l'époque une méthode, voir même une thérapie : l'objet sonore devait se couper de l'objet sonnant pour dévoiler ce qu'il avait à nous dire.
Et encore aujourd'hui, ce que Pierre Schaeffer avait appelé dans les premières années de la Musique concrète l'écoute réduite, et qui reste au cœur de la signification du mot acousmatique, reste la meilleure manière d'entendre les sons, ce qu'ils sont plutôt que d'où il viennent.
Mais ils ne sont pas pour autant condamnés à l'abstraction, à être des formes désincarnées, de "purs esprits" qui auraient oublié la chair de leur corps premier. Leur impureté native entremêle presque toujours plusieurs niveaux de perception et de sens, s'adressant d'une manière complexe et subtile à nos sensations, à nos émotions, à notre mémoire, sans oublier bien-sûr à notre intelligence. Alors, autant jouer avec !

Les choses simples sont des "portraits de choses", des poèmes concrets dont l'apparente simplicité et la concision nous mettent en contact direct avec les couches élémentaires de l'imaginaire auditif, et de ses dérapages...
 



44 canaux

(33')

2010-?

 

 

 

S S o S F A G T i a C a G w a P

Une vaste coupole remplie de sussurements, d'appels, de cris, de chants, où élytres, ailes et cordes vocales se mêlent et s'affrontent, s'éraillent en une cacophonie colorée et dévergondée.

C'est une pièce qui est assez typique de l'approche "pointilliste" que l'on retrouve dans nombre de mes œuvres, où des gestes nerveux et incisifs dessinent les sons en éclats d'espace toujours mobiles. Mais ici elle prend également le temps de les agréger en larges respirations agitées, à les fondre en paysages qui finiraient presque, à force de répétition, par devenir contemplatifs.

SSoSFAGTiaCaGwaP est une sorte d'oratorio un peu sauvage en triple hommage aux rythmiques vibratiles de Patrick Ascione, aux mélodies proliférantes d'Heitor Villa-Lobos, et aussi à ce qui se cache derrière l'acronyme de ce titre...
 



43 canaux

plusieurs versions jusqu'à 40'

2015-16

 

 

H I S T O I R E S   F A N T A C O U S M A T I Q U E S

Quatre parties enchaînées :
L'horloger solitaire
Marmites de géants et cheminées de fées
Le Passage
Le train vers les étoiles

Les "sons-qui-racontent-quelque-chose", ceux que l'on a nommés à une certaine époque anecdotiques, ceux qui nous relient à un vécu sur lequel il semble facile de mettre des mots, ceux qui, presque immanquablement, font surgir des images visuelles arrachées à nos histoires personnelles, bref, quelques-uns de ces sons là constituent les personnages et les décors de ces "histoires".
Des histoires de sons, donc, pleines de mouvement et hautes en couleurs, sussurantes ou tonitruantes, un cinéma-pour-l'oreille pas vraiment narratif mais fortement sensitif (et en vraie 3D s'il-vous-plaît !), qui puise son fantastique dans quelques images du quotidien...
C'est aussi, bien modestement, mon hommage au Berlioz de la Symphonie fantastique et à la forme du poème-symphonique romantique, au principe quasi symétrique de celui de la musique concrète.
 

42 canaux

40'20

2006-15
R ?

 

  

C O R D E S   F R O T T É E S 

La rencontre colophanée et tumultueuse d'un violoncelle et d'une vielle-à-roue ; un très long coup d'archet tréssaillant, trémulant, caressant...

Mille remerciements aux doigts agiles et aux cordes effrontées de Séverine Ballon et de Laurence Bourdin.



32 canaux
18'25 / 13'20
2014

 

 

J E U X   D E   C O N S T R U C T I O N  (Constructions III)

Après les tentatives d'assemblage des Constructions I et les empilements chaotiques des Corps sonnants, ce troisième volet de la série des Constructions fait référence aux heures innombrables que j'ai passées, étant enfant, à construire des... choses.
Que ce soit avec les tiges, plaques, vis et boulons du Meccano, avec les blocs de bois du Châlet Suisse, ou avec vraiment n'importe quoi, je n'ai jamais pu suivre des plans. Finalement, ce que j'aimais le plus, c'était tâtonner, c'était rechercher des agencements, des combinaisons qui, à partir d'une collection d'objets élémentaires plus ou moins hétéroclite, donnaient naissance à des objets nouveaux, pas totalement imprévus, mais au moins surprenants, et, pour les plus chanceux d'entre eux, un peu durables.
Ça n'a pas changé...
Jeux de construction est une collection de courts moments légers qui peuvent être regroupés en suites de durée variable.
 


44 canaux
durée variable
2013-14

 

 

C I N Q   P O R T R A I T S   D E   M A R I E - L O U I S E

1. À la tienne !
2. C'est pas des cloches qu'on entend ? 
3. Ça j'aimais mes moutons
4. Comme des chiens 
5. Moi j'vais jamais mourir  

Le personnage de ma grand-mère, tout du moins une série d'enregistrements réalisés à la volée dans les années 70 à 90, se retrouve comme un fil rouge dans plusieurs de mes pièces (1990 La route buissonnière, 1993 Scènes de la réalité plus ou moins quotidienne, 1994 Feuillets d'album).
Elle est le sujet unique de ces nouveaux tableaux, dont certains sont d'ailleurs issus de ces pièces anciennes, construits avec ou autour de sa voix, de sa parole.
 



32 canaux

23'

2011-2013

 

 

 

T R O I S   T A B L E A U X   e n   Q U A T R E   D I M E N S I O N S

Portrait en abyme
Dépaysage
Nature morte vivante

Un tableau n'est jamais statique.
Le regard qui le parcourt décompose et recompose sans cesse son espace durant le temps de son observation. Il en suit les tracés, les nuances, les épaisseurs, il s'attarde sur un détail, en creuse la matière et les reflets, il fait se fondre les traits ou séparer les grains selon qu'il s'éloigne ou se rapproche ; sa mobilité apporte au tableau une troisième dimension à son espace en même temps qu'elle crée une histoire, une nouvelle dimension temporelle à chaque fois renouvelée.
 

42 canaux
21'
2011-12


 

 

C I N Q   M I N I   M A N D A L A S

Composée très rapidement durant les évènements de Fukushima en mars 2011, d'une manière pour une fois totalement non préméditée à partir de quelques éléments trouvés accidentellement, c'est une de mes pièces à l'apparence la plus simple : des rosaces vocales doucement répétitives, aux détails capricieux, qui naissent, s'animent un moment puis s'évanouissent...


18 canaux
7'30 - 2011

 

 

M A T I È R E   N O I R E   E T   É N E R G I E   S O M B R E

Rien n'excite plus mon imaginaire sonore que la lecture d'ouvrages d'astrophysique. Les états de la matière, les multiples paradoxes particulaires et ondulatoires, et, par dessus tout, les projections temporelles sur le passé et l'avenir de l'Univers constituent de merveilleux modèles pour générer et organiser les sons dans l'espace.
Et quoi de plus proche du son que cette fameuse matière invisible ou cette énergie indétectable qui font fantasmer les chercheurs de tout crin depuis plusieurs décénies ?

Les trente-trois épisodes (non chronologiques !) qui constituent ce voyage correspondent à quelques moments d'une histoire cosmique rêvée. Des images-sensations évidemment extrêmement éloignées de leurs modèles, mais qui, peut-être, en laissent filtrer quelques ondulations, quelques particules, quelques palpitations.

33 épisodes : les âges sombres, l'univers rebondissant, microtrous noirs, des petits morceaux d'espace-temps, la gravitation répulsive, un vide trop plein, l'étirement refroidi, courir pour ne pas bouger, les germes des galaxies, des dislocations dans l'univers, des contraintes sur les fluctuations, le gaz de Chaplygin, l'emmental cosmique, à la croisée des infinis, l'univers translucide, les quatre piliers, des lentilles cosmiques, l'oscillation des baryons, les trous noir s'évaporent, la piste de la supersymétrie, troublante coïncidence, des dimensions cachées, la nature des sursauts gamma, une accélération problématique, lire dans le fond diffus, des conséquences exotiques, des bulles de vide, des fluctuations contraires, la masse critique des neutrinos, aux limites de l'éternité, quintessence, de la poussière de fer, les atomes meurent aussi, les cailloux sont éternels... 

version en révision pour réseau 57 canaux

(50')

2003-2012
R ?

 

 

C o n s t r u c t i o n s   I I  :  L E S   C O R P S   S O N N A N T S

Lors des initiations à l'acousmatique, une première approche consiste souvent à explorer microphoniquement des corps sonores, des objets qui une fois frappés, frottés, secoués, tordus ou déchirés permettent d'obtenir des objets sonores plus ou moins "convenables", selon la terminologie Schaefferienne. Celà forme l'oreille et le geste tout en permettant d'entrer pas à pas dans l'univers des sons haut-parlants.
Mais composer avec ces objets calibrés, toujours un peu refermés sur eux-mêmes, peut être par contre assez frustrant !
Pour construire de la durée et de l'espace dans ces conditions, il faut enchaîner ces blocs élémentaires, les combiner comme les briques et les poutres d'un bâtiment qui seraient toutes différentes et dont on souhaiterait à la fois conserver la forme et l'aspect initial tout en faisant, bien-sûr, que l'ensemble tienne debout et soit fonctionnel, voir même habitable...
Celà donne ici une pièce assez méditative et un peu sauvage, qui se développe en empilements instables, à la fois chaotique et constamment à la recherche de stabilité.
 



32 canaux
17'05
2010-11

 

 

L E S   S O N S   D ' É T E R N È B R E
"Nous sommes à jamais perdus dans le désert de l'éternèbre" (Man Ray / Robert Desnos, L'étoile de mer)

Trois pièces réalisées chacunes à partir d'une unique graine de son.

LA TOUR AUX ÉCLATS DE MIROIR : enregistrement initial effectué par un ami (Marc Laurençon) dans une usine de tissage d'éprouvettes en verre. La forme de la pièce découle directement de l'énergie contenue dans la courte prise de son : tension, étirement, éclats, rupture, fragilité et incision. (8'10)

AUX CRATÈRES DE LUNE : en 1860, Édouard-Léon-Scott de Martinville fixe sur une feuille de papier la première trace de la voix humaine (le chant du premier vers de Au clair de la lune). Un siècle et demi plus tard, des chercheurs transcrivent cette image en sons possibles. Lors de ma première écoute de cette recréation, l'image d'une minuscule graine de vie perdue dans une immensité déchiquetée de poussière et de débris s'est imposée. (8'04)

L'ÉCHAPPÉE : lors de la visite d'une usine de papier à Crest en 1996, un enregistrement impromptu effectué durant l'arrêt d'une machine et de l'expulsion de l'air qui y était comprimé. Un hommage très indirect au Pacific 231 d'Arthur Honegger... (7'05)
 

32 canaux
23'40
2010

 

 

T O U R N A G E S

Quinze mouvements :
1. Toccata, 2. Rondeau, 3. Allemande, 4. Courante, 5. Lamento, 6. Aria, 7. Fugue, 8. Ricercar, 9. Ritournelle, 10. Passacaille, 11. Sarabande, 12. Canon, 13. Intermède, 14. Bourrée, 15. Finale

Cette pièce à été composée exclusivement à partir des tournages sonores réalisés par des élèves de 5ème au Collège François Truffaut à L'Isle-d'Abeau (dans le cadre de l'action "acousmatique au collège" organisée par Le centre du son, enseignante Viviane Héritier).
L'idée était de faire découvrir l'acousmatique aux élèves en les impliquant en tant qu'acteurs sonores, en leur permettant de suivre pas à pas le "comment ça se pense", "comment ça se fait", "comment ça s'écoute", de suivre l'histoire de la construction de l'œuvre de l'élaboration du projet jusqu'à sa diffusion finale.
Ça a été également pour moi l'occasion d'expérimenter des techniques de capture multiphonique originales, puisque chacune des quatre séances de tournage sonore était basée sur une méthode, un lieu et un propos spatial particuliers :
- courses et appels en intérieur et en extérieur, petits groupes (quadriphonie) ;
- jeux vocaux et corporels collectifs dans la salle du concert (16 micros positionnés au futur emplacement des enceintes) ;
- jeux de corps sonores en prises individuelles (stéréo) ;
- voix et mots (mono).
Le choix de m'inspirer de la suite baroque pour la structure de la pièce et de ses éléments m'a permis de conjuguer le temps très court de la réalisation avec le déroulement rigide des interventions avec les élèves. Quant au dispositif, pour moi qui ne suis pas un adepte de la disposition en cercle (!), le disque s'imposait ici, et j'ai pu ainsi "faire tourner les sons" sans vergogne ;-)
Tout cela donne une pièce ludique et légère, très "musicale" dans sa facture comme dans son esprit.
 



18 canaux 2D
45'

32 canaux 3D
Petite Suite
25'

2009

 

 

E A U X - F O R T E S

(d'après l'installation Croquis, Maquette, Modèles)
1. Manière de crayon
2. Taille douce
3. Estampe
4. Ratures
5. Lavis
6. Pointe sèche
7. Aquatinte
 



22 canaux
20'
2007-2010

 

  

L E   S O L E I L   D E S   B R U I T S   D U   M O N D E

Six parties enchaînées : Les grandes oreilles, Géophonie, Au fil du vent, Le temps d'entendre, Soleils-miroirs, L'oreille horizon

Composé initialement pour une écoute nocturne dans le Parc Champagne à Reims, puis adaptée pour la disposition Cinéma 42, c'est une ample fresque dédiée aux grands espaces, ceux qui subsistent encore pour quelque temps sur notre planète, et ceux qui, je l'espère, continueront de se déployer longtemps dans nos têtes...
(commande du Studio Césaré)


(VO 16 canaux)
44 canaux
41'
2008-~
(en révision)

 

 

M U S I Q U E S   D E   C H A M B R E S

10 pièces : la chambre à air (2'48), la chambre à étincelles (ou à bulles) (2'16), la chambre d'accusation (2'06), la chambre de commerce et d'industrie (3'47), la chambre d'amis (2'35), la chambre funéraire (3'58), la chambre des députés (ou Introuvable) (2'13), la chambre sourde (2'48), la chambre de bonne (2'25), la chambre froide (3'56).

Une suite légère et acidulée, réalisée initialement pour des séances à domicile avec l'AcousMobile de chambre.


22 canaux
30'
2008

 

 

B I B E L O T S   A G R A N D I S

sept pièces

C'est une transcriptions de quelques-une des pièces qui constituaient l'installation Bibelots à observer de près.
Conçues et réalisées pour un micro-acousmonium de moins d'un mètre cube, l'agrandissement leur apporte un surcroit d'air et de relief, tout en conservant leur caractère précis et précieux.


22 canaux
29'
2005-06

 

 

C o n s t r u c t i o n s   I  :  C I N Q   T E N T A T I V E S   D ' A S S E M B L A G E

1. Blocs et bribes - Essai d'emboîtements
2. Écailles et débris - Images sous le vent
3. Lignes et failles - Suspension
4. Traces et déchirures - Essai de liaisons
5. Amas et brisures - Vitraux dans le soleil   

Première pièce de la série des "Constructions", celle-ci explore cinq manières très différentes de construire un espace avec des petits morceaux de sons. Entre fragilité et pesanteur, finesse et solidité, hésitation et détermination...
Elle a été adaptée au format cinéma 32 en 2013.
 


32 canaux
27'
2005-06

 

 

O U V E R T U R E  ( s o u f f l e ,  m é t a l ,  i v r e s s e )

Conçue dans l'esprit des grandes ouverture orchestrales romantiques (mais pas dans les sons ni l'écriture !), pour le plaisir, pour décrasser les oreilles avant d'écouter des choses plus délicates ou plus profondes...
Quelques thèmes-personnages sonores (l'Insinuant, le Gromeleux, l'Agité, le Frémissant, le Martelé etc...) se rencontrent et s'affrontent dans des épisodes qui constituent une forme-presque-sonate en une sorte de narration abstraite, dense et dynamique.
Ça grince, ça ronfle, ça bouscule un peu, et ça ne dédaigne pas non plus certains effets à l'efficacité un peu facile...

VO 16 canaux
+ version cinéma 32
14'40
2004

 

 

D E U X   N O C T U R N E S

Deux moments suspendus, entre attente et surgissements, qui puisent leurs images sonores dans la série de Préludes, Études et Interludes.
En hommage aux nocturnes de Frédéric Chopin, qui, bien que je sois un pianiste plus qu'excécrable, ont réussi à m'apporter beaucoup de bonheur pendant que je les massacrais...


VO 16 canaux
+ version cinéma 32
15'40
2002-04

 

  

SCÈNES  DE  LA  RÉALITÉ  plus ou moins  QUOTIDIENNE

Vingt-cinq portraits, paysages et scènes de genre

"Scènes de la réalité plus ou moins quotidienne" a représenté un jalon important dans l'évolution de mon travail acousmatique. Après quelques tentatives d'exploration d'une certaine idée de "narration" sonore (comme avec les "Illuminations chronophagiques avant l'orage" en 1992), j'ai trouvé ici un mode de figuration qui me convenait, à la fois simple, sans trop d'artifices, et riche par les juxtapositions infinies de sens véhiculés par les images sonores.
C'est à ce jour la pièce la plus "anecdotique" que j'aie réalisé, qui pourrait presque être "radiophonique" si l'espace hexadécaphonique ne représentait pas un aspect aussi fondamental de son écriture et indispensable à son expression.

16 canaux 3D
+ version cinéma 32
48'
1993

 

 

D É F I G U R A T I O N S   I  :  Le temps des ambiguités

1: Étude de ciels : étude à la Turner sur la mouvance et les couleurs, l’abstraction qui se dégage de l’observation active de la nature
2: "L'armoire de Protée" : emboîtements et métamorphoses d’images du quotidien, parfois jusqu'à saturation
3: Entre cristal et fumée : arrêt sur images sonores, équilibre instable, fragilité d'un paysage pointilliste
4: Le Sommeil : engourdissement et vigilance, étirement du temps, les images remplissent le silence...
(titres précédents : Mouvance - Relief - Couleurs, Vie - Espace - Images, Ma vie métamorphique)

Œuvre à la génèse tourmentée (techniques utilisées, titres, parties, versions...), elle a fini par trouver un relatif équilibre dans sa révision actuelle. Il existe peut-être encore quelques "divines longueurs", mais c'est aussi parce que c'est une œuvre qui est à la fois pointilliste et étirée, dense mais qui prend toutefois son temps... Le temps de jouer avec l'ambigü, d'attendre et de surprendre, de laisser ses images se combiner et se métamorphoser. 
C'est un grand voyage, plein de bruit et de mystère, un film qui ne raconte rien, sur un très grand écran et en relief... 
 

VO 12 canaux

59'40

1991

 

 

Q U A T R E   É T U D E S   D ' E S P A C E

Quatre parties enchaînées :
1. Le Palais aux rochers de fenêtre
2. Lentement vers le Nord
3. De mains pâles aux cieux lassés
4. Multiplication des arcs

Ma première œuvre réellement multiphonique, bien que réalisée avec seulement deux enceintes comme écoute, a obtenu (dans une réduction stéréophonique) le Prix du jury lors de la première édition du Concours de composition acousmatique Noroit en 1989.
C'est la peinture d'Yves Tanguy qui m'a donné les clés de ces quatre premières Études (toutes les œuvres qui ont suivi peuvent être considérées aussi, au moins en partie, comme d'autres études d'espace).
              
(transcription pour la disposition Cinéma 32 en 2012) 

(VO 8 canaux) adaptation 32 canaux
14'50

1987-89

 

 

L A   C I C A T R I C E   D U   G E S T E

Neuf mouvements :
1. Déchirure bleue, 2. Les segments parallèles, 3. Éclats d'Espace, 4. Fusion-Effusion, 5. Fragments d'air et de pierre, 6. Suspension, 7. Les guirlandes sauvages, 8. Reflet, 9. Déchirure rouge

Lors des premières années de ma "carrière" acousmatique, la peinture m'a beaucoup aidé à définir mon attitude face au sonore, comme pour contrer mes premières habitudes et déformations issues de ma pratique de la composition instrumentale. Celà a donné La cicatrice du geste (Georges Mathieu, deux canaux), Gaïa Helia Selia (Bernard Pomey, quatre canaux), Quatre Études d'Espace (Yves Tanguy, huit canaux) et Illuminations chronophagiques après l'orage (Salvador Dali, douze canaux).
Ici, le modèle était autant, et peut-être même plus, dans la manière de peindre que dans les images produites : dans ses improvisations publiques, le geste des brosses et des pinceaux, l'énergie de la danse du peintre se gravait en énergie de matière sur la toile.
Des points, des lignes, des taches, selon neuf arrangements : ça c'est pour l'aspect formel.
Il n'en reste pas forcément grand chose à l'écoute. Parce qu'en faisant, le geste sonore a pris de l'importance, les déchirures de l'espace qu'il a engendrées ont gagné de l'autonomie et se sont imposées comme des petits monstres débordant d'énergie qui m'échappaient et que je tentais de domestiquer avec plus ou moins de bonheur...
Mise à l'écart durant de nombreuses années, la version originale qui avait été rêvée multiphonique a fait l'objet d'une première spatialisation en 2004 (16 canaux 2D), suivie d'une autre en 32 canaux cinéma en 2012.
 

VO 2 canaux à spatialiser /
version
cinéma 32
27'30

1984

  

 

cinema42.png
Cinéma 42 (compatible NHK 22.2 et certains acousmoniums)

 

 dome43.png
Dôme 43 (compatible tous dômes haute résolution et HOA)

 

cirque52.png
Cirque 44 (compatible rien du tout)

 

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Réseau 57 (potentiellement compatible 4D Sound)

 

reseau48.png
Scène 21 (2D, compatible acousmoniums traditionnels)