d e s   S O N S   d a n s   l ' a i r . . .
i n t e r v e n t i o n s

accueilcatalogue - projectionsinstallations - interventions - constructions - écouter
bio(s) - multiphonie - l'acousmobile - les acousmodules - l'atelier - activités - galerie - documents - télécharger


Une œuvre fixée, qu'il s'agisse d'un tableau, d'un film ou d'une composition acousmatique, est le résultat d'un processus d'élaboration plus ou moins long dont le seul témoin en est le résultat final. C'est un objet fini qui est ouvert à une infinité de lectures, mais qui en lui même ne changera plus (d'accord, ça dépend du support...).

Pour une œuvre sonore, en dehors des médias (disque / radio / Internet) et des installations qui présentent, chacun à leur manière, un objet autonome, se pose tout de même la question de la gestion du lieu, du temps et des auditeurs.
La séance de projection dans les salles de cinéma a trouvé depuis longtemps un fonctionnement standardisé, qui peut être transposé sans problème à l'acousmatique... à condition de pouvoir le reproduire (ce qui en l'absence de salle pérenne et de communication adaptée reste encore rare et fragile).
Se pose aussi la question de la dépendance de la diffusion haut-parlante aux conditions finales, à la fois en ce qui concerne la dimension technique (modèles d'enceintes, acoustique etc.) que le rapport de la composition avec les auditeurs. Si ma présence est nécessaire lorsque je gère le matériel, par exemple avec l'AcousMobile, elle me permet également d'assumer souvent un rôle de "passeur", qui, même s'il reste indépendant du temps de la projection, peut être important pour introduire l'écoute.

Il est bien-entendu possible d'aller plus loin dans l'intégration de cette présence, et la question qui se pose alors est celle de la part de ce qui est fixé (composé) par rapport à ce qui modifié (interprété) : où se situe la frontière entre l'amont / l'avant (la réalisation dans le studio) et l'aval / maintenant (l'adaptation aux conditions finales) ? Sachant que je me situe toujours dans le cadre de la réalisation d'une œuvre-objet, fût elle à géométrie variable, quels sont les éléments sur lesquels je peux jouer pour que ces variations possèdent du sens, soient nécessaires ?
J'avais rassemblé mes idées sur ce sujet dans un petit papier écrit à l'occasion d'une table ronde (Quand je danse, je danse), et le moins qu'on puisse dire est que, si l'on excepte les situations extrêmes (objet totalement fixé avec ses conditions d'écoute d'un côté, improvisation intégrale de l'autre), on se retrouve presque toujours dans un état mixte, qui associe en plus ou moins grande proportion ces deux tendances.

Mon attitude pour ces interventions peut se résumer ainsi : au lieu de poursuivre la composition jusqu'à sa fixation finale, au lieu de viser un objet si bien construit que plus rien ne peut y être déplacé sous peine de faire moins bien (ça pourrait être ma définition d'une composition terminée...), le processus est ici interrompu à un stade intermédiaire, plus ou moins avancé selon les cas, de manière à laisser encore ouvert le jeu des possibles, à reporter à l'étape de la présentation publique certains choix de son organisation temporelle et spatiale, à déplacer une partie du temps du faire vers celui de l'écoute.

Ce qui m'intéresse alors dans ces pièces, c'est d'explorer des situations-frontières souvent ambigües, de jouer sur des relations avec le public, des mises en forme ou des durées qui échappent d'habitude à la composition (bien) fixée. C'est aussi le lieu pour développer des écritures peut-être plus souples, où la présence active de l'interprète autorise des gestes compositionnels plus fragiles, plus risqués, moins balisés.
Enfin, plus prosaïquement, avec de courtes durées et des mises en place rapides, ça peut être également la possibilité de faire figurer le son haut-parlant dans des manifestations qui se prêtent d'ordinaire mal aux nécessités de la projection acousmatique.
 

 

É L E C T R O T R O P I S M E S

Villes zébrées en tous sens d'infatiguables influx nerveux ; fluide qui nous baigne et nous traverse continuellement, qui court sous nos doigts et dans notre cerveau ; vertige voltaïque en hommage aux ronflettes, buzz, décharges, plops et grésillements en tout genre qui épicent nos vies électriques...
Et moi, que serais-je sans l'électricité, sans microphones ni haut-parleurs !?

Pour les électro-aimants, les électro-philes, et même les "électro-sensibles", cette intervention associe dans des proportions variables (qui dépendent du lieu et de l'auditoire), des éléments multicanaux préparés à partir de sons issus du mouvement des électrons, et des auscultations-improvisations des champs électro-magnétiques in-situ réalisées avec trois capteurs Elektrosluch.
Cette intervention peut prendre différentes formes, mises en place et durées, mais toujours de préférence pour un petit lieu et un petit auditoire.
Elle peut être accompagnée de discussion et démonstration sur ce thème.

(première présentation aux "Vendredis de la Luciole" aux Échelles, janvier 2016)

(enceintes : Sony SA-NS510, Harman-Kardon Onyx Studio, Ministry of Sound M Plus, OrbitSound Spaced360, Grundig GSB-2000, Pure Jongo S3X, JBL Charge 2, Poss BTS100, Samsung WAM 6500, JVC SP-ABT30, UE Boom, Sony SRS-BTV25, Sony RDP-VB20IP, iHome IDM12)

 


10 + 3 canaux

durée de 15 à 25'

intérieur
(80 m² maxi)

mise en place 15 minutes
(pas besoin d'alimentation électrique !) 

 

  

L E   S O U F F L E   E S T   L A   R É S O N A N C E   D U   V I D E

Le souffle respiration, le souffle projeté sur un biseau ou sur une lame, le souffle qui fait vibrer les cordes vocales ou qui frotte sur la langue et sur les lèvres ; la vibration, pure ou chaotique, démultipliée par ses innombrables ricochets ; le silence comme point de départ et comme but ultime, toujours impossible...

Il est toujours difficile de concilier la fixation spatiale de la composition avec la diversité des acoustiques des lieux dans lesquels peut s'effectuer sa diffuson. En dehors de cas un peu extrêmes comme celui des micro-dispositifs ou des sculptures haut-parlantes (voir les Constructions), la réponse consiste généralement à choisir des lieux qui disposent d'une acoustique convenable, c'est à dire principalement dont la durée de réverbération est courte (le fameux RT60 inférieur à 3 secondes).
Néanmoins, les acoustiques très réverbérantes sont en soi extrêment intéressantes lorsque l'on peut jouer avec elles. En plus de l'allongement de la durée de résonance des sons, du halo plus ou moins épais qui les baigne ou les submerge, il se produit souvent des phénomènes acoustiques complexes qui viennent les enrichir et leur faire dire encore autre chose.

Les enceintes sont ici peu nombreuses. Chacune représente un point d'excitation particulier dans l'architecture-caisse de résonance, qui à son tour propage, déforme et transforme les sons, faisant du lieu entier un gigantesque instrument.

      daneone.gif     ferguson.gif                          soundring.gif            

(première présentation au festival "Y'a comme un mammouth sous le gravier", juillet 2016)

(enceintes : Edifier Spinnaker, DaneOne The One, Ferguson Hill FH-007, Edifier Eclipse, EssentielB Harmony, Philips Fideliio DS6600, Philips DS-3881, Philips SB-3770, Harman Kardon Aura Studio, Scandyna Micropod Active)

 


8 à 16 canaux

durée variable, minimum une heure, peut s'étendre sur une demie-journée

pour églises, chapelles et lieux très réverbérants,
dimensions et disposition variables

mise en place et "accordage" une à trois heures

 

 

C O M P T I N E

"Un iPad est vendu toutes les trois secondes. La cigarette : 1 mort toutes les 4 secondes. Une bouteille de Cognac est vendue toutes les 5 secondes dans le monde. Toutes les six secondes un enfant meurt de faim dans le monde. Démence : un nouveau cas toutes les sept secondes. Un homme pense au sexe toutes les 7 secondes. Une chevrolet vendue toutes les 7,4 secondes. Toutes les 11 secondes, un nouvel Américain. Un avortement toutes les 11 secondes en Europe. Les Canadiens veulent tuer un phoque toutes les 12 secondes. Une agression toutes les 36 secondes, un vol de voiture toutes les 26 secondes, un cambriolage toutes les 14 secondes. Toutes les 15 secondes dans le monde, le sida tue un père ou une mère. Un enfant meurt toutes les 20 secondes par manque d'eau potable. En Europe, une union se rompt toutes les 30 secondes. Toutes les 43 secondes quelqu'un est tué par balle. Toutes les 60 secondes, 168 millions de mails sont envoyés, 98 000 tweets sont publiés ou encore plus de 694,445 recherches sont faites sur Google. Toutes les 60 secondes, plus de 2 millions d'internautes regardent du porno en ligne. Au Crédit Agricole un prêt toutes les 2 minutes. 952 requins tués toutes les 5 minutes. Une femme violée toutes les 7 minutes. Grande-Bretagne : une saisie immobilière toutes les 11 minutes. Impossible pour un Français de rester concentré plus de 12 minutes." etc etc etc 

L'Information se réduit souvent à des chiffres. Et pour qu'ils nous parlent mieux, on les rassemble, on les compare avec l'horloge sensible de notre temps qui passe, couples souvent absurdes et monstrueux ainsi apprivoisés et pré-digérés, dans nos petites boîtes faites en ticky-tacky... jusqu'à ce qu'elles explosent ? 

L'intervention ponctuelle est conçue pour pouvoir prendre place facilement à l'intérieur d'une manifestation existante, sans nécessiter d'installation préalable, ce qui constitue tout de même une gageure, surtout pour une pièce octophonique ! C'était pourtant simple : le déballage, la répartition spatiale, les changements de position et le remballage des enceintes font partie de la pièce et s'effectuent durant son exécution...
Elle peut aussi être présentée à intervalles réguliers ou non dans un même espace (étape d'un parcours que suit le public), ou se déplacer et se produire en différentes lieux.
Elle peut également se dérouler en extérieur dans un petit espace abrité.

Avec les voix (par ordre d'entrée) de :
Jean  Evelyne egg4.gif  Michel   Daisy   Jean-François vulcan.gif  Christine sandwitch.gif   Biétrix   Muriel et Monique
(première présentation au Colloque de la 
Société Francophone De Primatologie 2011 à Grenoble)

(enceintes : Elipson Lenny, iLuv Syren Pro, LG PBS-C510, Vestalife Firefly, Hitting, Damson Vulcan, Jabra Solemate, iLuv Syren) 

 


8 canaux

durée 13'

intérieur ou extérieur abrité
(80 m² maxi)

préparation
10 minutes
(pas besoin d'alimentation électrique)

 

 

N E G E N T R O P I A
(éloge de la complexité) 

(en préparation)

Si depuis le Big Bang la flèche du temps de l'Univers suit celle de son entropie, des singularités, certains îlots de matière concentrent des niveaux d'organisation de plus en plus élevés. Même si à terme, dans un bon nombre de milliards d'années, il ne devrait plus rien en rester, ça vaut tout de même le coût (énergétique) de participer humblement à ce contre-courant ?

Negentropia est une cité haut-parlante utopique à laquelle on assiste et participe à la construction.
Celle-ci n'obéit pas plus aux plans d'un dessein initial qu'au chaos d'une répartition aléatoire, mais tente de s'organiser selon un bricolage intuitif et expérimental, dirigé et contrôlé par les constantes boucles de rétroaction de l'écoute et du jugement.
Cette méthode, à qui l'on doit semble-t'il une bonne partie de l'évolution du vivant, est également à l'œuvre dans la démarche concrète, présentée dans Le temps du faire (la série de vidéos des Études pour membranes et l'intervention).

Haut-parleur après haut-parleur, son après son, la construction progresse, hésitante, tortueuse mais poussée par une nécessité impérieuse remplit peu à peu l'espace visuel et sonore, poursuit sa marche inexorable vers la complexité. Sa composition se matérialise visuellement par l'enchevêtrement des supports, des enceintes et des câbles : la mise en œuvre c'est déjà la mise en place, et pas seulement des idées mais bien des éléments matériels qui en sont ici indissociables.
Negentropia est une construction sonore collaborative qui se nourrit, pour ma part, d'une quarantaine d'années d'enregistrements et de traitements sonores, auxquels sont invités à s'ajouter des contributions du public.
De la pose de la première enceinte et de l'écoute du premier son jusqu'au fonctionnement autonome de la cité, le travail est idéalement réparti en plusieurs étapes, durant quelques heures sur plusieurs jours consécutifs. Elle se présente comme un chantier en progression, une sorte de feuilleton qui permet de suivre l'avancée des travaux au jour le jour, jusqu'à ce que la construction finisse enfin par se stabiliser... avant d'être démontée et de retourner à l'entropie relative de ses cartons et listes de fichiers.

Alternativement, l'intervention peut également être concentrée sur une longue journée.

(enceintes : Logitech Z553, Roth Charlie 2.1, Memup Satelyte, Banshee 5.0, Jensen Banshee, Speedlink Nova 2.1, Altec Lansing FX3022, InTempo IT-Balls, InTempo Table Top, Yamaha NXA01, 2 Twinmos Boom 1, 2 Klipsch KL Igroove, iWantit iw250, iBass, Philips iBoom, Philips CTS-4000, Mirage Omnivibe, 2 JBL OnTime, 3 JBL Radial, 3 JBL Radial Micro, 3 JBL On Stage, 2 JBL On Stage II, 2 JBL On Stage 400 P, JBL Duet, Altec Lansing FX3021, 2 Edifier System E1100, Edifier E 3300, Edifier E 3350, 2 Saitek 340 Balance, Sharp DK-V2, JVC XS-SR1, Continental, Panasonic SC-SP100, Sony SRS-BTV25, TDK V513)

 


jusqu'à 70 canaux

durée : plusieurs jours

salle vide
(100 à 200 m²)

mise en place initiale 30 minutes

 

 

L E   J E U   D E S   P O S S I B L E S

À la manière de ces jeux de construction où l'on peut combiner à volonté des briques élémentaires, ou à celle d'une réussite ou d'un tirage de Yi-King, les vingt-six petites enceintes et les sons qui leur sont associés peuvent être disposés, arrangés, juxtaposés selon les contraintes données par un lancement de dés.

Les enceintes/sons sont regroupés selon quatre bases correspondant à quatre archétypes sonores.
La valeur donnée par chaque dé va déterminer :
4 =  le nombre de bases actives
10 = le nombre d'enceintes par base
12 = le type d'organisation spatiale
20 = la durée (plusieurs tirages sont possibles...)
24 = le degré de continuité
30 = la densité
...

(en préparation)

(enceintes : JBL On Tour, JBL On Tour XT, Saitek A-200, Saitek A-100, Saitek A-60, Logitech mm32, Konig Electronic / Dreamgear iSound Max, Big Ben Interactive Rainbow, Auvisio iBox / BonoBoss, Qdos Genesis, QM iTube, Minirig Subwoofer)

 


jusqu'à 26 canaux

durée variable

pour très petits lieux...
1 à 3 personnes à la fois

mise en place 15 minutes
(pas besoin d'alimentation électrique)