d e s   S O N S   d a n s   l ' a i r . . .
i n s t a l l a t i o n s

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Paradoxalement, alors que j'ai à mon actif plus d'œuvres pour les séances de projection (concerts), la formule de l'installation est celle qui représente à mes oreilles la situation la plus adéquate pour composer le son, celle où je me sens le plus dans mon élément : pas de limite de principe dans l'espace ou dans le temps, pas d'obligation de format ou de durée, chaque œuvre peut s'imposer les contraintes qu'elle veut, explorer un terrain nouveau et être découverte selon le rythme de chacun.

À la suite de mes premières années d'expérimentation d'une écriture de l'espace sonore, j'ai donc cru que j'avais trouvé le domaine où j'allais pouvoir voyager pendant longtemps (voir le document Douze essais pour explorer l'espace acousmatique).
Mais les moyens et l'énergie m'ont manqué pour communiquer, et donc concrétiser la plupart de ces projets. Il en reste aujourd'hui quelques souvenirs de travaux et de moments réussis, mais surtout des projets qui constituent mon travail pour les prochaines années !
 

 Acousma-Parc
Forêt fragile
Cités dans les Branes
Réseaux
...

A C O U S M A - P A R C  (2)

Au début des années 90, je m'étais lancé dans la réalisation d'un "acousma-parc", un ensemble de neuf installations complémentaires, qui représentait pour moi à la fois une synthèse et une exploration de mon travail sur l'espace sonore haut-parlant. Si l'ensemble a bien été réalisé, il n'a jamais été présenté en public, et l'obsolescence des moyens de production d'alors a fini par l'enterrer... Mais il est resté pour moi un socle sur lequel j'ai développé d'autres travaux, et je continue de penser que son principe proposait un champs de découverte et de plaisir d'écouter original et, d'une certaine manière, nécessaire.

Une trentaine d'années plus tard, j'ai retenté l'aventure avec peut-être l'avantage de l'expérience, mais surtout je dispose cette fois dans mes valises de l'ensemble des moyens nécessaires à sa diffusion.

Acousma-Parc est une sorte de manifeste concret de ce que représente à mes oreilles cette liaison si spéciale qui unit l'objet-sonore et l'objet-haut-parlant, l'espace de l'écoute et l'écoute de l'espace, le corps du son et l'image mentale qu'il fait naître.
Comme la première version, il rassemble des sortes d'attractions sonores sous la forme de dispositifs indépendants mais complémentaires, qui constituent autant d'expériences de perception que des immersions dans la poétique du son, tour à tour image, sensation, construction plastique, voyage... Il propose des situations assez "primordiales", où le corps se retrouve à l'intérieur ou à l'extérieur de l'espace haut-parlant, où il est immergé ou observateur, introspectif ou explorateur. Les sens et l'imaginaire du visiteur devraient être émoustillés, happés, émerveillés, ou au moins sa curiosité suffisamment titillée pour qu'il ressorte de l'expérience un peu plus joyeux et éveillé au monde des sons.
Comme le laisse également entendre le titre, l'ensemble des pièces compose une sorte de panorama, évidemment très parcellaire, des sonorités et des écritures acousmatiques. C'est principalement ce qui justifie ce regroupement, et j'aimerais qu'il permette aux visiteurs d'entrevoir l'extraordinaire diversité que représente cette riche branche des arts sonores.

Mais oui, je sais, Acousma-Parc est utopique...
D'abord parce qu'il n'est QUE sonore. Je dirais plutôt TOTALEMENT sonore, mais là se situe tout de même le principal handicap dans une société du visuel et de la gesticulation. Enfin, pas tout à fait que sonore tout de même, car le choix des enceintes qui forment les dispositifs ainsi que la dimension plastique de leur présentation spatiale constituent un élément extrêmement important des pièces et de leur rapport aux visiteurs. 
Ensuite, pour chaque dispositif, il s'agit de compositions à part entière qui, même si elles proposent une certaine souplesse temporelle, sont à écouter avec la même attention que si l'on était "au concert". Il faut pour cela un certain isolement, du silence alentour, un accueil qui ajuste le tempo de la vie extérieure à celui de l'écoute. Ce n'est pas si facile.
Et puis il y a le lieu bien-sûr. Celui-ci est idéalement constitué de parties à la fois séparées et communicantes, mais d'autres configurations peuvent être étudiées, comme des lieux totalement séparés ou au contraire un vaste espace où il est possible de définir des zones qui fonctionnent en alternance.
Mais dans tous les cas, cela prend du temps. Cela représente aussi un coût.

Cette deuxième occurrence de l'Acousma-Parc comporte actuellement sept dispositifs, qui peuvent éventuellement être présentés séparément ou par groupe de deux ou trois.
L'installation peut être accompagnée de temps de rencontres ou d'interventions à caractère "pédagogique", comme des conférences illustrées ou des ateliers.

titre

dimensions

disposition

auditeurs

origine des sons

lieu et technique

Le ciel crevé

1

verticale

autour

synthèse et documents

hauteur 5 m minimum

Un rideau pas si transparent

2

verticale

devant,
derrière

corps sonores et phonographies

longueur 8 m /
hauteur 4 m

Disque noir et grains de poussière

2

horizontale, sol

au-dessus,
au milieu

supports,
musique et voix

6 x 6 m

Ondée

2

horizontale, plafond

dessous

ondes radio

suspension,
30 m² minimum

La pierre, la feuille, la griffe et les étoiles

3

pyramide

à l'intérieur

corps sonores et traitements

4 x 4 m

Concertinino-théâtre

3

cube

devant + autour

instruments de musique

1 m3, petite table

D'après Nature

3

éclatée et groupée

partout et autour

parole, phonographies et synthèse

60 à 100 m²


 

 


2012~

sept dispositifs

multiples espaces d'un lieu, multiples lieux, ou espace unique avec zone actives en alternance

installations séparées possibles

l'ensemble peut être transporté dans une voiture de type "espace" ou un grand break

mise en place de l'ensemble : 3 jours

transport : variable selon les pièces et leur nombre

 

O N D É E

Écoutes ? Écoute !
Isolées ou en "fermes", les grandes oreilles paraboliques scrutent l'Univers à la recherche de sens.
D'autres encore, plus discrètes et nettement moins tournées vers le ciel, scrutent la noosphère à la recherche d'informations...
Et ce foisonnement d'ondes, où voisinent Quasars et mon voisin, vient se condenser et se briser en gouttelettes sonnantes sur mes Parasons.

Ondée se présente sous la forme de  grands parapluies colorés suspendus juste au-dessus de nos têtes, tapissés de toutes petites enceintes en forme de goutte et parcourus de fils. Ils peuvent être plus ou moins regroupés ou disséminés dans le lieu. 

Cette pièce explore la source pour moi toujours fascinante des ondes radio, autant pour la richesse et la vivacité de leurs sonorités que par les voyages imaginaires qu'elles suscitent. Elles sont ici atomisées en grains, en éclats, qui sautillent, serpentent, se répandent d'un parapluie à l'autre en une polyphonie spatiale qui accroche (dans tous les sens du terme) les oreilles...

(première version sous le titre "Les ParaSons", hall de la Cité de la musique à Marseilles, janvier 2012)

(enceintes : 13 systèmes JBL Creature)

 


jusqu'à 26 canaux /
29 enceintes

5 à 8 parapluies

possibilité de suspension : poids par parapluie 1 kg environ

lieu ouvert calme possible

montage : une demie-journée

 

L A  P I E R R E ,   L A   F E U I L L E ,   L A   G R I F F E   E T   L E S   É T O I L E S  

Aujourd'hui comme il y a 10.000 ans et pratiquement sous toutes les latitudes, l'Homme allongé sous la tente ou à la belle étoile partage presque les mêmes sensations, le même contact avec la pierre, la feuille, la petite griffe des insectes ou la grosse si on n'a pas de chance, et face à soi, si on a de la chance, la nuit étoilée. L'oreille ancienne est aux aguets car sa survie en dépend, l'oreille moderne s'inquiète également parce qu'elle ne comprend plus ce qui l'entoure...

Sous une ossature légère de tipi, à l'écoute de presque-riens, de vibrations qui frémissent, frôlent et sussurent au-dessus de nos têtes ou entre nos jambes, nous sommes invités à savourer le plaisir simple du son à fleur de peau. Et qu'importe qu'il provienne ou non "réellement" d'une patte, d'une aile, du froissement d'aiguilles de pin ou du choc de galets, ce qui compte c'est de se plonger délicatement dans ces moments où la proximité des choses nous les font percevoir fugacement avec une singulière acuité.

(enceintes : 8 JBL Spyro et 5 JBL Spot) 


(première présentation au festival "Y'a comme un mamouth sous le gravier" 2013)
 

 


25 canaux /
39 enceintes

dimensions
4 x 4 x 3 m

cannes à pêche télescopiques

lieu calme !

montage : une demie-journée

 

galerie

U N   R I D E A U   P A S   S I   T R A N S P A R E N T

Le rideau de Pythagore, derrière lequel il pratiquait soit-disant ses enseignements, permettait à ses disciples de se concentrer sur la parole qu'ils entendaient sans être distraits par sa présence physique. Cette écoute acousmatique, réintroduite par Pierre Schaeffer dans les années 50, a pu être considérée comme synonyme de "cacher la cause du son pour mieux en apprécier son effet". Par "cause", il faut comprendre ici la cause originelle, réelle ou supposée, de sons obtenus initialement par enregistrement microphonique. Car la véritable cause du son en composition acousmatique, c'est bien toujours le haut-parleur...

Et ce fameux haut-parleur, qui à la fois masque définitivement ce qui s'est déroulé avant, et, pour les amateurs de HiFi, doit faire revivre en toute transparence une réalité idéalisée, est ici décomposé, diffracté sur la surface d'un grand rideau ajouré.

C'est une sorte d'écran aux pixels très espacés, qui projette autant qu'il supporte, accrochés à ses longs fils, des objets-sonores qui forment, selon où l'on se place, des tracés de points, lignes et taches, des images translucides étalées ou enchevêtrées, des bas reliefs qui explosent hors de la surface.
C'est léger et chatoyant, mobile et excitant.

(enceintes : Harman-Kardon Soundstick I et II, Virtual Reality Sound Lab VRS2.1C, Jazz Speakers J8902, Odyssey Sound 2, Ouihai D-186)

 


26 canaux /
31 enceintes

dimensions 8 m (longueur) x 4 m (hauteur)

possibilité d'accrochage léger (8 x 2 kg environ)

montage : une demie-journée

 

D I S Q U E   N O I R   E T   G R A I N S   D E   P O U S S I È R E

Que donnerait le mariage d'une galaxie spirale et d'un disque de cire ?
L'entrelacement de la poussière des amas d'étoiles et de la spirale poussièreuse des premiers disques sonores ?

Lorentz, Poincaré, Einstein, Cros, Volta, Berliner...
Le début du XX° siècle a vu l'élaboration de la théorie de la relativité, qui a modifié en profondeur notre conception de l'espace et du temps, nous a permis de voir et de comprendre un peu l'Univers tel qu'il est au loin et tel qu'il était il y a longtemps.
À peu près au même moment, sont produits les premiers disques sonores qui vont conserver et transmettre dans le temps et dans l'espace les voix des Hommes, et modifier durablement notre rapport au son et à la mémoire.

C'est une spirale au sol constituée de petites sphères de taille et d'aspect variés reliées par un faisceau de fils, une accrétion de grains de sons empruntés à ces enregistrements lointains, musique ondoyante, tournoyante, crachottante, radotante, une galette mécanique animée d'un mouvement qui oscille sans cesse entre régularité et cahos.
Un disque, des électrons, la vibration, la vie ? 

Disque noir et grains de poussières est d'une certaine manière le miroir de Ondée, et les deux pièces peuvent tout à fait partager le même espace, en sonnant à tour de rôle ou en parallèle.

(enceintes diverses, Cilo sub...)
 

 

 
22 canaux /
23 enceintes

dimensions 6 x 6 m environ

lieu fermé et obscurité si possible

montage : une demie-journée

 

L E   C I E L   C R E V É

Comme un ascenseur vers le ciel qui nous fait lever la tête en nous demandant jusqu'où ça peut aller, une ligne droite vers l'Espace, pleine de promesses et de menaces.

 

Note : cette pièce peut générer par moments des niveaux sonores un peu plus élevés que les autres. Ça ne présente aucun problème pour les oreilles, mais pourrait l'être pour la tranquilité du voisinage immédiat...

(enceintes : 4 Altec-Lansing XA3021 et 2 XA3051 5.1)

 

16 canaux /
24 enceintes

hauteur : le plus haut possible, 5 mètres minimum

possibilité de suspension au plafond (5 kg)

montage :
3 heures

 

D ' A P R È S   N A T U R E

Si nous sommes bien des animaux dénaturés, cette distance, ce recul devrait nous permettre d'observer et d'agir en tirant parti de ce qu'on a obtenu en échange : une certaine intelligence, non ?
Mais s'il est parfois difficile d'en constater les bénéfices, on peut au moins écouter ce qu'en disent des anthropologues et des artistes, les surprendre dans leur milieu et peindre tout autour des paysages totalement artificiels qui soient plus vrai que nature...

Le dispositif haut-parlant de cette pièce est spatialement le plus étendu de la série. Il comporte un grand bouquet central, assez dense et foisonnant, autour duquel on peut se placer comme autour du feu à la veillée pour écouter les histoires contées, ainsi que, disséminés à l'entour, une collection de points très espacés, procurant une immersion aérée les perspectives du lointain.
Avec des chercheurs et des artistes de la région savoyarde, et des mots-voix de Gaston Bachelard, Jean-Luc Godard, André Leroy-Gourhan, Claude Levi-Strauss, Olivier Messiaen...

 (préfiguration au festival "Y'a comme un mammouth sous le gravier" 2014)
 

(enceintes : S&D Dragon I v1 et v2, S&D iDragon, LG HG304SU et 305SU, Schaub Lorenz LS8802)
 

 

24 canaux

espace de 60 à 100 m²

si possible suspension de quelques objets légers (350 g)

montage :
une demie-journée

 

C O N C E R T I N I N O - T H É Â T R E

Un auditorium de poche, simplement posé sur une table, où l'on introduit la tête pour écouter les ébats d'une troupe de personnages-instruments, confinés dans un minuscule huis-presque-clos.

Il reste de mes années de conservatoire le souvenir d'une micro-société, finalement assez hiérarchisée et même un peu cloisonnée, mais représentant surtout une diversité de caractères où il était difficile de dire dans quelle mesure les particularités morphologiques et sonores des instruments influençaient, voir déterminaient le comportement et la physiologie de leurs instrumentistes...
Que l'on se rassure, il ne s'agit pas de refaire un "Pierre et le loup" par haut-parleurs interposés, mais de creuser et de jouer avec l'extraordinaire richesse de leurs matières et de leurs formes, autant que certaines des idiosyncrasies qui leur sont attachées, par lutherie ou par habitude. Et puis, aussi, de revisiter à ma manière l'histoire de la musique qui fut contemporaine tout au long du XXème siècle ;-)

Par ses dimensions et l'extrême proximité de l'écoute, ce tout petit espace apporte un niveau de précision et de détail qui est évidemment à l'opposé de la fosse Wagnérienne, creuset alchimique des mélanges de timbres. Mais l'idée d'un théâtre d'instruments et de personnages musicaux n'en est peut-être pas si éloignée ?
Le Concertinino-Théâtre est composé de saynètes, de courts morceaux, qui peuvent s'enchaîner automatiquement en une longue suite pleine de surprises, ou être sélectionnés un à un par les auditeurs. Il est configuré pour accueillir une seule personne à la fois dans les conditions d'écoute idéales, mais attention : le son jaillit d'une manière plus diffuse bien au delà !

(enceintes : 3 Miglia Diva, 3 Edifier E300, 3 Stripy) 

 

18 canaux /
24 enceintes

table carrée d'environ 1 m de côté, ou ronde de 1,20 m de diamètre

montage :
2 heures

 

 

 

 

F O R Ê T   F R A G I L E
(éloge de la diversité)

Quelques questions que l'on peut (peut-être) se poser avant de pénétrer dans la forêt...
C'est une forêt ?
- visuellement, pas du tout ! (même si l'on y trouve un ou deux buissons...) mais pour moi il s'agit bien d'une sorte de forêt de sons, dans laquelle on peut même se perdre un peu (au moins dans sa tête). C'est aussi bien-sûr une forêt de contes et légendes, toujours mystérieuse et quelques-fois inquiétante, qui abrite une faune à découvrir et laisse l'imagination vagabonder.  
Alors ça raconte quelque-chose ?
- peut-être, ou peut-être pas, en tout cas chacun peut se raconter une histoire à sa façon, selon son vécu et son caractère...
Ce n'est donc pas de la musique ?
- peut-être que si, ou peut-être pas, en tout cas c'est composé comme de la musique, avec de la polyphonie, des rythmes et du phrasé, mais c'est aussi construit comme une architecture, avec des formes, des masses et des perspectives, et ça se déroule comme un grand film plein d'images en quatre dimensions (trois d'espace et une de temps !).
C'est vraiment fragile ?
- un peu, voir pas mal... comme tout ce qui nous entoure finalement, si on n'y fait pas attention, si l'omniprésence de l'Homme devient un danger. Mais ce qui est surtout fragile ici, c'est notre capacité à écouter, à attendre autre chose des sons que de la parole ou de la musique, à leur laisser une chance de nous apporter quelque-chose de différent.
Pourquoi est-on dans l'obscurité ?
- parce qu'avec toutes ces petites lumières c'est plus joli ? Surtout parce que ça permet d'être plus attentif, de mieux écouter, et même, d'une certaine manière, de "voir" les sons (et c'est encore mieux si l'on ferme les yeux).
Combien de temps ça dure, combien de temps faut-il rester ?
- ça existe lorsqu'on allume l'électricité... ça peut durer des jours, et c'est toujours différent. Plus on reste longtemps, ou plus on y revient, plus on a de chance d'entendre des choses nouvelles, des rencontres inédites. Pour chacun, ça dure le temps de sa présence, et mon rêve c'est qu'on n'aie pas envie de repartir !
Que faut-il faire ?
- écouter. Marcher un peu (attention où l'on met les pieds !), tout doucement et écouter. S'asseoir, écouter. Aller voir ailleurs et écouter. S'allonger pour écouter autrement... Chacun à son rythme.
...

La forêt fragile, c'est aussi plus concrètement le rassemblement d'une multitude d'objets hétéroclites destinés initialement à une écoute solitaire, reflets un peu dérisoires de notre société du divertissement. En tant que systèmes de (re)production sonore, leur ramage se rapporte presque toujours à leur plumage : autant dire que s'ils sont le plus souvent d'apparence étrange (pour ce qu'ils sont censés faire), leur sonorité l'est également...
Mais comme dans les forêts de nos contes, ce domaine du bizarre et du biscornu est aussi une invitation à aller dénicher ce qui se cache derrière. Car voilà qu'ainsi réunis et accordés, les voix de ces "bibelots d'inanité sonore" de bazar se métamorphosent en un ensemble contrasté et coloré, riche de sa diversité. Les sons qu'ils portent comportent souvent une sorte de lien de parenté un peu naïf avec la dominance visuelle propre à chaque îlot - les petites voix, les souffles, l'horloge, les galets, les ondes, les verres, le cactus, la chambre etc. - les uns et les autres se renforçant, procurant au visiteur quelques pistes pour décrypter ce qui se déroule autour de lui.
Car la composition du temps et de l'espace obéis à quelques principes simples, mais leurs combinaisons sont multiples et complexes : quatorze îlots/zones thématiques plus une douzaine de points singuliers, certains se déroulant en longs cycles de plusieurs heures, d'autres sous la forme de grands tirages aléatoires, le tout avec énormément de silences, créent une polyphonie de formes, d'images, de matières et d'espaces qui s'auto-organise et se renouvelle tout au long de la journée.

Le dispositif de Forêt fragile est constitué, selon le dernier recensement, de 208 mini enceintes amplifiées (accompagnées de leur lot de câbles, de prises électriques et d'ordinateurs), pour la plupart regroupées en îlots répartis selon la configuration et les dimensions du lieu. Il est important de pouvoir obtenir l'obscurité et de disposer de tapis et coussins en nombre. Selon la configuration du lieu, il peut être nécessaire de pouvoir suspendre ou d'accrocher des objets. Des supports variés peuvent également être utiles...

Voir la série de vidéos Le temps du faire - saison 2

(première version réalisée pour le festival "Vivre les sons 2008" à Aoste - Isère)

 


2008-R2017

jusqu'à 188 canaux / 208 enceintes,
26 groupes asynchrones

espace fermé et obscur,
la lumière provient des sources leds qui équipent certaines enceintes

surface 150 m² minimum,
possibilité de placer des tapis et autres éléments propices à s'asseoir et s'allonger

montage :
3 jours
mise en route quotidienne : 30'

transport : camionnette

galerie


(schéma d'implantation pour la version 2017 sur 186 canaux - salle Camille Claudel, Clermont-Ferrand)

 

 

 

C I T É S   D A N S   L E S   B R A N E S
(éloge de la complexité) 

La Ville, autant que la Forêt, est un lieu complexe, toujours changeant, qui montre autant qu'il cache, où l'on peut se perdre...

Mais c'est un lieu construit de toute pièce, une agglomération entre le mode de vie de ses habitants et le résultat de décisions plus ou moins arbitraires qui reflètent leur organisation sociale. Cette construction s'effectue souvent en palimpseste, en couches superposées et en blocs imbriqués, selon une hiérarchie complexe de fonctions, de relations, d'informations.
C'est aussi souvent agité, bruyant, et éphémère...

Lorsque j'ai lu il y a quelques années les albums des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters, j'y ai trouvé un écho immédiat à certaines de mes "visions" d'espaces sonores, et surtout une métaphore des liens qui unissent l'apparence et la matérialité des "structures porteuses" à l'immatérialité des phénomènes vivants qu'elles hébergent. C'est sûrement ce qui a déclenché l'envie de faire cette installation.

Côté matérialité, Cités dans les Branes se présente comme un ensemble de tiges filiformes à la géométrie irrégulière, des sortes d'échaffaudages qui supportent une partie des enceintes qui y sont fixées, comme des fruits ronds, froids et durs.
D'autres enceintes, toujours en rondeurs, sont simplement disposées au sol, selon des figures ou des chemins plus ou moins lisibles.
Ces constructions à la fois éparses et entrelacées, constituées principalement de vide, sont identifiables par les différences plastiques des enceintes qui les composent, guidant ainsi, au moins potentiellement, la déambulation du visiteur à travers rues et bâtiments imaginaires.
Tous ces objets forment la structure visible de la cité sonore qui irradie, pulse et tourbillonne de toute part, émanations invisibles mais pas impalpables.
Cependant je devrais plutôt dire "d'une" cité sonore, car, à tout moment, ce monde peut être remplacé par un autre, voisin ou totalement différent. Les constructions matérielles restent inchangées, mais leurs occupants et leurs occupations changent ; ces états, plus ou moins stables et durables, peuvent basculer à tout moment vers autre chose, totalement imprévisible mais tout autant légitime.

C'est qu'une variante de la théorie des cordes aboutit en effet à postuler l'existence d'Univers-bulles, séparés les uns des autres par une membrane infinitésimalement fine, une brane. Ils occupent, d'une certaine manière, le même espace mais on ne pourrait éventuellement avoir conscience que d'un seul à la fois... La science fiction écrite et visuelle ne manque évidemment pas de profiter d'une telle aubaine narrative !, mais ici son utilisation est à la fois plus simple et plus radicale.
Avec le son haut-parlant, ici est toujours ailleurs (et réciproquement). À partir d'une membrane tout peut arriver.
Cette magie de la délocalisation du sens se combine avec la concrétude des moyens de production et de localisation du son.
Certaines de ces cités pourront nous plonger au sein d'espaces phono-réalistes proches de nos environnements acoustiques "naturels", d'autres seront littéralement inouïes, la plupart se situeront quelque-part entre ces deux extrêmités, entre le presque-rien et le sûrement-trop, dans l'étendue des possibles acousmatiques.
Dans Cités dans les Branes on ne peut jamais s'installer, que profiter intensément de ce qui existe, là, et se tenir prêt pour le saut...

(enceintes : 6 KEF 3001, 4 KEF 2001, 20 KEF 1001, 8 Jamo SC-35, 22 Jamo SC-25, Jamo SC-35-C, 2 Kenwood Omni 7, 2 Davis Club HC501, 16 Scandyna Micropod, 16 Scandyna Micropod active, 2 Scandyna Minipod, 2 Anthony Gallo A'Diva, 18 Anthony Gallo Nucleus Micro, 2 Morel SA-2, 4 Morel SI-2, 9 Audica MPS-1 2.0, 2 Audica CS-S1, 5 Eclipse TD-307 II, 2 Eclipse TD-307, 2 Scandyna The Ball, Anthony Gallo Microsub, Anthony Gallo TR-1, KEF E2, KEF Kube 1, 2 sub Jamo 800, Focal Dome sub, ensemble de pieds et de cannes télescopiques) 

 


2018 ?

102/132 canaux

surface 150 à 250 m² environ

éclairage naturel possible

montage :
deux à trois jours

transport : petit utilitaire ou camionnette

À propos de Forêt fragile et Cités dans les Branes

Ces deux installations participent d'une même recherche de "virtualité réelle", partagent la même idée de proposer un espace sonore à la fois très concret par l'organisation plastique d'un grand nombre de petites enceintes, et largement ouvert sur la diversité des possibles acousmatiques.
Ce sont des univers pointillistes, où les enceintes ainsi que l'infrastructure de la gestion du son - supports, câbles, ordinateurs - structurent l'espace et guident l'écoute.
Dans la forêt, elles sont fortement individualisées par leur forme, leur taille, leur matière et leur couleur, et même leur lumière, et contribuent à la construction imaginaire des auditeurs.
Dans la cité, elles sont relativement neutres, d'un calibre analogue, regroupées par familles partageant la même apparence, et non lumineuses ! Ce sont les sons qu'elles produisent à un moment donné qui vont leur donner une raison d'être, une fonction et une couleur particulière.
Forêt fragile est un espace de mystère, mais généralement léger, à la polyphonie aérée et un peu envoûtante, où l'on peut se laisser aller à une forme de rêverie, où les enfants, même très petits, sont les bienvenus.
Cités dans les Branes peut être exigeante, quelques-fois dure, mais aussi surprenante, perceptivement et intellectuellement exaltante !
En fait, elles sont tellement complémentaires qu'il serait merveilleux (et un peu fou) de pouvoir les présenter parallèlement... 

 

 

 

 

S É R I E   D E S   R É S E A U X

À l'opposé de l'idée de "surround", de l'immersion par plongement dans un champ périphonique dont le dôme constitue aujourd'hui le modèle standard, il y a celle de l'objet-espace, des formes de projections haut-parlantes concrètes et diversifiées telles que représentées dans des installations comme Forêt fragile ou Cités dans les Branes. L'espace global perçu y est constitué par la combinaison de radiations multiples plutôt que par une convergeance unique, un ensemble plurivoque d'objets-espaces plutôt que l'empilement univoque d'harmoniques sphériques.
Entre ces deux tendances, pourrait-on dire, il y a le maillage, le réseau bi ou tri-dimensionnel qui procure une sorte d'immersion "à l'état solide", et encore une autre manière de composer et de donner à entendre.

Lorsque, au début des années 90, j'ai essayé de classer les types d'organisation spatiale des dispositifs haut-parlants (voir Dispositifs et dispositions), le maillage tri-dimensionnel dense m'est apparu comme le dispositif ultime, une sorte de "bruit blanc de l'espace", auquel s'opposerait bien-sûr la singulière pureté du point monophonique. Dans cet état, il représente un échantillonnage des trois dimensions spatiales aussi serré que possible, où chaque nœud serait occupé par une micro-enceinte omni-directionnelle, ne laissant même plus de place pour y glisser un auditeur... Toutes les autres dispositions peuvent alors être considérées comme des versions défectives, "sous-échantillonnées" d'un tel réseau, des "spectres" spatiaux possédant des trous plus ou moins importants et plus ou moins réguliers (harmoniques, cannelés...), qui procurent à chacune son originalité et sa pertinence, et, accessoirement, permettent d'y pénétrer et de s'y installer... (et en plus sont techniquement et économiquement réalisables !).

Les installations suivantes explorent quelques-uns de ces espaces-réseaux possibles. Elles utilisent les éléments matériels du Grand acousmobile.
 

 

 

D E N S I T É   7 5 . 4

Hommage à Edgar Varèse, qui, j'imagine, n'aurait pas dédaigné investir ce réseau vibrant pour y déployer ses "sons organisés".

Lorsqu'en 1991 j'ai commencé à travailler sur les Formes et couleurs de la vie, je ne disposais que de 16 enceintes / canaux pour concrétiser les "aéroformes" que j'imaginais. Malgré des faiblesses évidentes, le résultat sonore rendu possible par le réseau d'enceintes irrégulier que j'avais constitué confirmait l'efficacité du principe : là où les systèmes périphoniques étaient incapables de faire percevoir de simples trajectoires passant par leur centre, il suffisait de placer quelques enceintes à l'intérieur de cet espace pour matérialiser des formes et des évolutions spatiales tridimensionnelles tangibles et déjà assez complexes.
Quelques années plus tard, j'ai repris la même approche pour L'œil tactile, où les 24 canaux amélioraient sensiblement la précision et la matérialité des morphologies spatiales, et vingt ans après, grâce à une nouvelle augmentation de la densité des canaux/enceintes  et à des outils sur mesure (les AcousModules) je peux continuer de remplir l'espace de formes et de couleurs, avec comme seule limite la liberté dont je suis capable (et ça c'est terrible !).

Densité 75.4 est un "grand-tout" où se trouve rassemblé tout ce que représente pour moi le son, sous ses formes imagées aussi bien que tactiles, ses développements plastiques et cinétiques autant que ses liens à notre quotidien et à notre mémoire, sa concrétude autant que son évanescence, qui s'enchaînent en un très long chapelet de très courts moments.
Mais comme souvent dans mes installations, il s'agit d'abord pour l'auditeur d'une expérience sensorielle et imaginaire, où le corps et le son peuvent se rencontrer, vraiment.

Cette installation se prête particulièrement à l'organisation d'ateliers consacrés à la composition spatiale.

(enceintes : 6 KEF 3001, 4 KEF 2001, 16 KEF 1001, 8 Jamo SC-35, 18 Jamo SC-25, 1 Kenwood Omni 7, 8 Audica MPS-1 2.0, 4 Eclipse TD-307, 2 Morel SA-2, Anthony Gallo TR-1, KEF E2, KEF Kube 1, Focal Dome sub) 

 


?

75.4 canaux
(version 48.4 possible)

surface
10 x 10 m environ
hauteur 3 m minimum

montage :
deux jours

transport : grande automobile

 

 

A V A L A N C H E  (et autres éc(r)oulements)

Une avalanche au rallenti, qui mettrait des jours, des mois des années à s'effondrer ; un geiser presque figé d'où jaillissent imperceptiblement des myriades de particules invisibles ; une dynamique des fluides gelés, des cascades suspendues, des tourbillons alanguis...
Et aussi : être immergé, submergé dans la vague, la poudreuse de sons, être enserré dans ses glissements, ses cascades, ses foisonnements, ses fourmillements, ses grouillements ; chanceler, chavirer, vaciller, vivre ses affaissements, ses écroulement, ses effondrements, ses déferlements.

On l'aura compris, Avalanche est avant tout un terrain de sensations, où l'on peut, simplement en se déplaçant, se trouver en dessous, au-dessus ou au milieu d'une couche de matière fourmillante, dont l'épaisseur, la densité, les accidents et les aspérités évoluent en permanence.

(note : tous les sons ont été produits initialement avec ma vieille clarinette...)  

(enceintes : 6 KEF 3001, 4 KEF 2001, 20 KEF 1001, 8 Jamo SC-35, 22 Jamo SC-25, 2 Kenwood Omni 7, 2 Davis Club HC501, KEF E2, KEF Kube 1, 2 sub Jamo 800) 

 


2017-?

64.4 canaux
(ou moins)

surface 80 à 150 m² environ
hauteur 3 m minimum 

montage
une à deux journées selon le nombre de points

transport : grande automobile

 

 

U N E   I N F I N I T É   P L A N E

distances...

(en préparation)

(enceintes : 8 Jamo SC-35, 18 Jamo SC-25, 1 Kenwood Omni 7, 16 Anthony Gallo Nucleus Micro, Anthony Gallo TR-1, KEF E2, KEF Kube 1, Focal Dome sub) 

 ?

48.4 canaux

surface
15 x 15 m minimum

montage :
une journée

transport : grande automobile

 

 

 

 

 

 et aussi, pour mémoire...

 

T R E N T E - D E U X   I N S T A N T S   P R E S Q U E   O R D I N A I R E S

(version initiale réalisée pour le festival Atmosphère + 2010, dans la maison d'Odette Bellec à Plouguernevel, Côtes-d'Armor)

Images naïves, sons à nu ou déguisés, des moments à savourer simplement, entrecoupés de conversations et de petits gâteaux...
Composée pour être installée dans une toute petite maison bretonne, cette collection de courtes pièces peut encore, dans une configuration matérielle un peu différente, poursuivre ses histoires dans d'autres lieux.

                
(photographies Bernard Bretonneau)

 

2010

18 canaux

petite maison ou appartement

 

 

 

 

G R I S S O N N A G E S

Le crayon exploration, le crayon expression, glisse sur la tablette, réveillant, révélant un canvas invisible sous lequel sont cachés objets et paysages.
Comme le pinceau de lumière d'une lampe torche qui parcours l'espace, les formes et les couleurs sonores sont dévoilées par petits bouts, et seule la mémoire qui en conserve une empreinte les empêche de replonger dans le néant aussitôt que se relève le crayon.
Chacun possède une approche qui lui est personnelle : on peut explorer à tâtons, quadrillant précautionneusement la surface comme lors d'une fouille archéologique, par petit gestes attentifs ; on peut aussi laisser courir le crayon en gribouillis débridés, tout au plaisir du geste, quitte à l'arrêter brusquement lorsqu'un évènement particulièrement remarquable nous saute à l'oreille.

Grissonnages est donc, d'abord, une affaire d'exploration solitaire des liens qui unissent la main et l'oreille. Mais celà peut aussi devenir un jeu à deux mains et à quatre oreilles. Il y a en effet deux "tableaux" imbriqués, et, face à face, deux tablettes pour animer les sons produits par les vingt petites enceintes qui sont disposées sur la table.
Pour bien jouer à deux, il faut déjà pouvoir repérer qui-fait-quoi, et ce n'est pas si facile ! Heureusement, chaque tableau/tablette possède sa propre logique sonore et gestuelle. D'un côté, on dessine lignes, chapelets de points et taches de couleurs, on modèle la matière, l'étire et la tord, et de l'autre on dévoile des objets, des images, on fond des nuances et fait émerger des reliefs.
Jouer à deux, c'est alors construire un tableau commun, unique, fugace et éphémère, le temps de la rencontre et du dessin.

(présentation au festival "Vivre les sons 2004", Les Avenières)

 

2004

2 x 10 canaux

2 tablettes graphiques,
logiciels originaux 

plateau de 2 x 3 mètres environ, deux chaises

 

 

L E S   P I E D S   S U R   T E R R E

Si le principe peut être anecdotique, voir des images s'animer sous nos pieds lorsque l'on se déplace dessus, il peut être aussi l'origine d'une aventure exploratoire merveilleuse. 
Les pieds sur Terre est un grand jardin dont on ne voit jamais qu'une partie, un neuvième de sa surface totale pour être précis.
Il abrite des objets visuels et sonores qui s'animent au passage des visiteurs, avec lesquels ils peuvent jouer. Ce sont eux aussi qui décident d'en faire apparaître telle ou telle partie utilisant la navigation d'une boussole qui surgit à certains moments. Peu à peu, au fil de leurs passages, le jardin se transforme. Il se dégrade en même temps qu'il s'enrichit des traces que les visiteurs ont laissés, jusqu'à ce qu'il se retrouve à nouveau dans son état initial pour un nouveau cycle de métamorphoses.
La première version a été réalisée sur une initiative de Frieder Weiss (programmeur du système Eyecon) pour fonctionner en nocturne dans une rue piétonne de Dresde durant l'été 2003. Une seconde version plus développée a été présentée au Château des Adhémar à Montélimar en 2006.
La partie visuelle et sonore a été programmée à l'aide du logiciel Multimedia Fusion.


(commande de la Trans-Media-Akademie de Dresde, création à Dresde, juillet 2003)

 

2003-R2006

6 canaux audio et vidéo projection

capteur vidéo et analyse du mouvement Eyecon et logiciel original

espace permettant de faire l'obscurité,
hauteur 5 mètres minimum,
accrochage du vidéoprojecteur au plafond


(la vue d'ensemble des neuf zones du jardin, plusieurs états sont superposés) 

 

  

L E   T H É Â T R E   D E   L A   M É M O I R E

L'extension au domaine de l'image de mon travail sur le son passait pour moi bien-sûr par l'espace. C'était même sa justification, et à ce moment là sa seule manifestation possible.
Cette installation était à mon niveau bien ambitieuse, car elle juxtaposait son et image bien-sûr, mais surtout des espaces de représentation mentale de ces images sonores et visuelles que je souhaitais imbriquer, échanger, à la fois dans le sens qu'elles pouvaient porter et dans les jeux avec la perception que ces croisements permettaient.
C'était la première fois où j'appliquais le principe des îlots, neuf ici, qui combinaient de petites entités autonomes en une sorte de scénographie qui les mettait en perspective les unes avec les autres.
Techniquement, c'était également un challenge, et j'y avais placé à peu près tout ce que je possédait comme ordinateurs, magnétophones, échantillonneurs, et écrans.
Elle n'a été présentée que durant un week-end (de grève des transports...) par le GMVL à la Villa Gillet à Lyon.

 theatre.gif


1998

7 canaux vidéo, 14 canaux acousma

 

 

 

 

L ' Œ I L   T A C T I L E

l_oeil2.gifTrois sections / seize environnements
Persistance de la Vision :
Lumière / Transparence / Échelles / Distorsions
Le Topogéométricon : Petite géométrie euclidienne, ou pas... / Mécaniques auto-mobiles / Volumes, surfaces, couleurs
Milieux : Atomique / Aquatique 1 (faible profondeur en eau douce) / Aérien 1 (basse atmosphère) / Terrestre 1 (micro-organismes) / Organique / Terrestre 2 (macro-organismes) / Aérien 2 (haute atmosphère) / Aquatique 2 (océan profond) / Galactique...

L'oeil tactile a constitué une sorte d'aboutissement pour ma première dizaine d'années de composition acousmatique multiphonique, qui a vu un passage progressif de pièces de concert vers l'installation.
Le dispositif reprenait le principe de l'organisation spatiale basée sur le maillage tri-dimensionnel irrégulier introduit avec les Formes et couleurs de la vie, profitant ici d'une résolution affinée grâce au 8 canaux supplémentaires.
Cette œuvre représentait aussi une sorte de manifeste qui couvrait pratiquement toute l'étendue de mon possible sonore, des images "dites réalistes" de la première partie aux tracés plus formels de la seconde, avec bien-sûr un long développement sur les états intermédiaires de la troisième.
 
création festival Musiques en Scène GRAME - Lyon, mars 1997



1996-97

24 canaux 3D

séances de 1h15

 

 

 

A C O U S M A - P A R C  (1)

9 pièces complémentaires, de 1 à 9 canaux, formant une installation multizones :

instantanes.gif
Cent-vingt-huit instantanés (en écran)

feerie2.gif
Petite féérie en quatre dimensions
(en volume)

ruban2.gif
Le ruban des excès
(en cercle)

latour.gif  
La  tour aux métaux d'oubli (en hélice)

letactile.gif 
Le tactile et le ductile
(en arche)

contes.gif
Contes et légendes de l'Invisible
(en pyramide)

interieur.gif
Intérieur mauve  avec personnage
(en surface)

Dynamique de l'ailleurs
(en ligne)

La voix souterraine
(en point)

Ce premier Acousma-Parc n'a jamais été présenté dans son ensemble... et je ne possède plus les moyens techniques nécessaires à sa reproduction (ordinateurs ATARI et échantillonneurs).
 


1992-96

9 + 8 + 7 + 6
+ 5 + 4 + 3 +
2 + 1 canaux

 

 

F O R M E S   E T   C O U L E U R S   D E   L A   V I E
carnet de croquis pour seize haut-parleurs

formes2.gif
La composition de Formes et couleurs de la vie a tenu lieu pour moi d'un jeûne salutaire, qui débarasse l'organisme des déchets accumulés, l'oblige à utiliser plus efficacement ses ressources et le conduit vers "l'essentiel".
C'est une pièce qui présente effectivement un caractère assez ascétique : concision, polyphonie très réduite, préférence pour les lignes plutôt que les masses, silences...
C'est que l'enjeu était de taille : parvenir à façonner des objets sonores quasi palpables, des formes haut-parlantes concrètes qui soient réellement perceptibles, qui soient autant vues et senties qu'entendues.

Avec seulement 16 canaux, le dispositif était assez limité, mais grâce notamment au choix de placer des points de projection à l'intérieur de l'espace et pas seulement sur sa périphérie, la répartition spatiale des enceintes permettait déjà une écriture de l'espace tri-dimensionnel assez sophistiquée...

création festival FUTURA à Mirabel et Blacon - août 1995


1994

16 canaux 3D

petite salle (40 à 60 m² env., plafond 4 mètres), acoustique mate, obscurité ou pénombre