d e s   S O N S   d a n s   l ' a i r . . .
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Paradoxalement, alors que j'ai à mon actif plus d'œuvres pour les séances de projection (concerts), la formule de l'installation est celle qui représente à mes oreilles la situation la plus adéquate pour composer le son, celle où je me sens le plus dans mon élément : pas de limite de principe dans l'espace ou dans le temps, pas d'obligation de format ou de durée, chaque œuvre peut explorer un terrain nouveau et être découverte selon le rythme de chacun.

À la suite de mes premières années d'expérimentation d'une écriture de l'espace sonore, j'ai donc cru que j'avais trouvé le terrain où j'allais pouvoir voyager pendant longtemps (voir le document Douze essais pour explorer l'espace acousmatique).
Mais les moyens et l'énergie m'ont manqué pour communiquer, et donc concrétiser la plupart de ces projets. Restent aujourd'hui quelques souvenirs de travaux et de moments réussis, et des projets qui manquent encore d'impulsion pour exister vraiment...
Voilà donc mon travail pour les prochaines années !
 

 

D E N S I T É   6 0 . 4

Hommage à Edgar Varèse, qui, j'imagine, n'aurait pas dédaigné investir ce réseau vibrant pour y déployer ses "sons organisés".

Lorsqu'en 1991 j'ai commencé à travailler sur les Formes et couleurs de la vie, je ne disposais que de 16 canaux pour concrétiser les "aéroformes" que j'imaginais. Malgré des faiblesses évidentes, le résultat sonore apporté par le réseau d'enceintes irrégulier que j'avais constitué pour couvrir l'espace tridimensionnel confirmait l'efficacité de ce principe : là où les systèmes périphoniques étaient incapables de faire percevoir de simples trajectoires passant par leur centre, il suffisait de placer quelques enceintes à l'intérieur de cet espace pour matérialiser des évolutions spatiales tridimensionnelles complètes et complexes.
Quelques années plus tard, j'ai repris cette approche pour L'œil tactile, où les 24 canaux permettaient d'améliorer sensiblement la précision et la tangibilité des morphologies spatiales, et vingt ans après, grâce à l'augmentation de la densité des canaux/enceintes dans les trois dimensions et à des outils adaptés (les AcousModules) je peux continuer à remplir l'espace d'images, de formes et de couleurs, avec comme seule limite la liberté dont je suis capable (et ça c'est terrible !).

Densité 60.4 est un "grand-tout" comme l'était L'œil tactile, où figure l'ensemble de ce que représente pour moi le son, sous ses formes imagées aussi bien que tactiles, ses développements plastiques et cinétiques autant que ses liens à notre quotidien et à notre mémoire, sa concrétude autant que son évanescence...
Comme souvent dans mes installations, il s'agit d'abord pour l'auditeur d'une expérience sensorielle et imaginaire, et à une époque où la "réalité virtuelle" finit par représenter pour beaucoup une situation idéale, je continue de croire à ces "virtualités réelles" que l'on peut déployer dans l'espace physique, où le corps et le son peuvent se rencontrer, vraiment.

L'installation pourra se prêter particulièrement à des ateliers consacrés à la composition spatiale.

(enceintes : 6 KEF 3001, 4 KEF 2001, 20 KEF 1001, 8 Jamo SC-35, 22 Jamo SC-25, 2 Kenwood Omni 7, 2 Davis Club HC501, KEF E2, KEF Kube 1, 2 sub Jamo 800) 

 


(en préparation)

64 canaux

espace occupé au sol
8 x 10 m
hauteur 3 m minimum

montage
une à deux journées

 

  

 

A V A L A N C H E  (et autres éc(r)oulements)

Une avalanche au rallenti, qui mettrait des jours, des mois des années à s'effondrer ; un geiser presque figé d'où jaillissent imperceptiblement des myriades de particules invisibles ; une dynamique des fluides gelés, des cascades suspendues, des tourbillons alanguis...
Et aussi : être immergé, submergé dans la vague, la poudreuse de sons, être enserré dans ses glissements, ses cascades, ses foisonnements, ses fourmillements, ses grouillements ; chanceler, chavirer, vaciller, vivre ses affaissements, ses écroulement, ses effondrements, son déferlement.

On l'aura compris, Avalanche est avant tout un terrain de sensations, où l'on peut, simplement en se déplaçant, être en dessous, au-dessus ou au milieu de la surface de projection, mais toujours en grande proximité avec ses grains agités.
En même temps, le réseau serré formé par les petites enceintes permet un déploiement de l'écriture sonore cinétique qui peut également s'écouter comme une grande symphonie particulaire, avec ses thèmes-énergie, ses polyphonies de morphologies, les consonnances et dissonnances des rencontres de ses matières.

(note : pour la petite histoire, et à la suite d'un assez mauvais jeu de mots, tous les sons ont comme origine ma vieille clarinette...)  

 

(enceintes : 6 KEF 3001, 4 KEF 2001, 20 KEF 1001, 8 Jamo SC-35, 22 Jamo SC-25, 2 Kenwood Omni 7, 2 Davis Club HC501, KEF E2, KEF Kube 1, 2 sub Jamo 800) 

 


(en préparation)

64.4 canaux
ou moins

surface 100 à 150 m² environ
hauteur 3 m minimum 

montage une journée

 

 

 

A C O U S M A - P A R C  (2)

Au début des années 90, je m'étais lancé dans la réalisation d'un "acousma-parc", un ensemble de neuf installations complémentaires, qui représentait pour moi à la fois une synthèse et une exploration de mon travail sur l'espace sonore haut-parlant. Si l'ensemble a bien été réalisé, il n'a jamais été présenté en public, et l'obsolescence des moyens de production d'alors a fini par l'enterrer... Mais il est resté pour moi un socle sur lequel j'ai développé d'autres travaux, et je continue de penser que son principe proposait un champs de découverte et de plaisir d'écouter original et, d'une certaine manière, nécessaire.

Une trentaine d'années plus tard, j'ai retenté l'aventure avec peut-être l'avantage de l'expérience, mais surtout je dispose cette fois dans mes valises de l'ensemble des moyens nécessaires à sa diffusion.

Acousma-Parc est une sorte de manifeste concret de ce que représente à mes oreilles cette liaison si spéciale qui unit l'objet-sonore et l'objet-haut-parlant, l'espace de l'écoute et l'écoute de l'espace, le corps du son et l'image mentale qu'il fait naître.
Comme la première version, il rassemble des sortes d'attractions sonores sous la forme de dispositifs indépendants mais complémentaires, qui constituent autant d'expériences de perception que des immersions dans la poétique du son, tour à tour image, sensation, construction plastique, voyage... Il propose des situations assez "primordiales", où le corps se retrouve à l'intérieur ou à l'extérieur de l'espace haut-parlant, où il est immergé ou observateur, introspectif ou explorateur. Les sens et l'imaginaire du visiteur devraient être émoustillés, happés, émerveillés, ou au moins sa curiosité suffisamment titillée pour qu'il ressorte de l'expérience un peu plus joyeux et éveillé au monde des sons.
Comme le laisse également entendre le titre, l'ensemble des pièces compose une sorte de panorama, évidemment très parcellaire, des sonorités et des écritures acousmatiques. C'est principalement ce qui justifie ce regroupement, et j'aimerais qu'il permette aux visiteurs d'entrevoir l'extraordinaire diversité que représente cette riche branche des arts sonores.

Mais oui, je sais, Acousma-Parc est utopique...
D'abord parce qu'il n'est QUE sonore. Je dirais plutôt TOTALEMENT sonore, mais là se situe tout de même le principal handicap dans une société du visuel et de la gesticulation. Enfin, pas tout à fait que sonore tout de même, car le choix des enceintes qui forment les dispositifs et la dimension plastique de leur présentation spatiale constituent un élément extrêmement important des pièces et de leur rapport aux visiteurs. 
Ensuite, pour chaque dispositif, il s'agit de compositions à part entière qui, même si elles proposent une certaine souplesse temporelle, sont à écouter avec la même attention que si l'on était "au concert". Il faut pour celà un certain isolement, du silence alentour, un accueil qui ajuste le tempo de la vie extérieure à celui de l'écoute. Ce n'est pas si facile.
Et puis il y a le lieu bien-sûr. Celui-ci est idéalement constitué de parties à la fois séparées et communicantes, mais d'autres configurations peuvent être étudiées, comme des lieux totalement séparés ou au contraire un vaste espace où il est possible de définir des zones qui fonctionnent en alternance.
Dans tous les cas, cela prend du temps. Cela représente un coût.

Cette deuxième occurrence de l'Acousma-Parc comporte cette fois sept dispositifs, qui peuvent éventuellement être présentés séparément ou par groupe de deux ou trois.
Dans tous les cas, l'installation peut être accompagnée de temps de rencontres ou de périodes à caractère "pédagogique", comme des conférences illustrées ou des ateliers.

titre

dimensions

disposition

auditeurs

origine des sons

lieu et technique

Le ciel crevé

1

verticale

autour

synthèse

hauteur 5 m minimum

Un rideau pas si transparent

2

verticale

devant,
derrière

corps sonores, images

longueur 8 m /
hauteur 4 m

Disque noir et grains de poussière

2

horizontale, sol

au-dessus,
au milieu

supports anciens, musique et voix

6 x 6 m

Ondée

2

horizontale, plafond

dessous

ondes radio

suspension,
30 m² minimum

La pierre, la feuille, la griffe et les étoiles

3

pyramide

à l'intérieur

corps sonores et synthèse

4 x 4 m

Concertinino-théâtre

3

cube

devant + autour

instruments de musique

1 m3, petite table

D'après Nature

3

éclatée et groupée

partout et autour

parole, scènes et images

60 à 100 m²


 

 


2012~

sept dispositifs

multiples espaces d'un lieu, multiples lieux, ou espace unique avec zone actives en alternance

installations séparées possibles

l'ensemble peut être transporté dans une voiture de type "espace" ou un grand break

mise en place de l'ensemble : 3 jours

 

O N D É E

Écoutes ? Écoute !
Isolées ou en "fermes", les grandes oreilles paraboliques scrutent l'Univers à la recherche de sens.
D'autres encore, plus discrètes et nettement moins tournées vers le ciel, scrutent la noosphère à la recherche d'informations...
Et ce foisonnement d'ondes électro-magnétiques, où voisinent Quasars et mon voisin, vient se condenser et se briser en gouttelettes sonnantes sur mes Parasons.

Ondée se présente sous la forme de  grands parapluies colorés suspendus, tapissés de petites formes arrondies et parcourus de fils, pouvant être plus ou moins regroupés ou disséminés dans le lieu. 

Cette pièce explore la source pour moi toujours fascinante des ondes radio, autant pour la richesse et la vivacité de leurs sonorités que par les voyages imaginaires qu'elles suscitent.

(première version sous le titre "Les ParaSons", hall de la Cité de la musique à Marseilles, janvier 2012)

(enceintes : 13 systèmes JBL Creature)

 


jusqu'à 26 canaux /
29 enceintes

5 à 8 parapluies

possibilité de suspension : poids par parapluie 1 kg environ

lieu ouvert calme possible

montage : une demie-journée

régie : 2 boutons à appuyer...

L A  P I E R R E ,   L A   F E U I L L E ,   L A   G R I F F E   E T   L E S   É T O I L E S  

Aujourd'hui comme il y a 10.000 ans et pratiquement sous toutes les latitudes, l'Homme allongé sous la tente ou à la belle étoile partage presque les mêmes sensations, le même contact avec la pierre, la feuille, la petite griffe des insectes ou la grosse si on n'a pas de chance, et face à soi, si on a de la chance, la nuit étoilée. L'oreille ancienne est aux aguets car sa survie en dépend, l'oreille moderne s'inquiète également mais parce qu'elle ne comprend plus ce qui l'entoure...

Sous une ossature légère de tipi, à l'écoute des vibrations qui frémissent, frôlent et sussurent au-dessus de nos têtes ou entre nos jambes, nous sommes invités à savourer le plaisir simple du son à fleur de peau. Et qu'importe qu'ils proviennent ou non "réellement" d'une patte, d'une aile, du froissement d'aiguilles de pin ou du choc de galets, ce qui compte c'est de se plonger délicatement dans ces moments où la proximité des choses nous les font percevoir fugacement avec une singulière acuité.

(enceintes : 8 JBL Spyro et 5 JBL Spot) 


(première présentation au festival "Y'a comme un mamouth sous le gravier" 2013)
 

 


25 canaux /
39 enceintes

dimensions
4 x 4 x 3 m

12 cannes à pêche télescopiques

lieu calme !

montage : une demie-journée

régie : 2 boutons à appuyer...

galerie

U N   R I D E A U   P A S   S I   T R A N S P A R E N T

Le rideau de Pythagore, derrière lequel il pratiquait soit-disant ses enseignements, permettait à ses disciples de se concentrer sur la parole qu'ils entendaient sans être distraits par sa présence physique. Cette écoute acousmatique, réintroduite par Pierre Schaeffer dans les années 50, a pu être considérée comme synonyme de "cacher la cause du son pour mieux en apprécier son effet". Par "cause", il faut comprendre ici la cause originelle, réelle ou supposée, de sons obtenus initialement par enregistrement microphonique. Car la véritable cause du son en composition acousmatique, c'est bien toujours le haut-parleur...

Et ce fameux haut-parleur, qui à la fois masque définitivement ce qui s'est déroulé avant, et, pour les amateurs de HiFi, doit faire revivre en toute transparence une réalité idéalisée, est ici décomposé, diffracté sur la surface d'un grand rideau ajouré.

C'est une sorte d'écran aux pixels très espacés, qui projette autant qu'il supporte, accrochés à ses longs fils, des objets-sonores qui forment, selon où l'on se place, des tracés de points, lignes et taches, des images translucides étalées ou enchevêtrées, des bas reliefs qui explosent hors de la surface.
C'est léger et chatoyant, mobile et excitant.

(enceintes : Harman-Kardon Soundstick I et II, Virtual Reality Sound Lab VRS2.1C, Jazz Speakers J8902, Odyssey Sound 2, Ouihai D-186)

 


26 canaux /
31 enceintes

dimensions 8 m (longueur) x 4 m (hauteur)

possibilité d'accrochage léger (8 x 2 kg environ)

montage : une demie-journée

régie : 2 boutons à appuyer + 2 réglages

D I S Q U E   N O I R   E T   G R A I N S   D E   P O U S S I È R E

Que donnerait le mariage d'une galaxie spirale et d'un disque de cire ?
L'entrelacement de la poussière des amas d'étoiles et de la spirale poussièreuse des premiers disques sonores ?

Lorentz, Poincaré, Einstein, Cros, Volta, Berliner...
Le début du XX° siècle a vu l'élaboration de la théorie de la relativité, qui a modifié en profondeur notre conception de l'espace et du temps, nous a permis de voir et de comprendre un peu l'Univers tel qu'il est au loin et tel qu'il était il y a longtemps.
À peu près au même moment, sont produits les premiers disques sonores qui vont conserver et transmettre dans le temps et dans l'espace les voix des Hommes, et modifier durablement notre rapport au son et à la mémoire.

C'est une spirale au sol constituée de petites boules de taille et d'aspect variés, une accrétion de grains de sons empruntés à ces enregistrements lointains, musique ondoyante, tournoyante, crachottante, radotante, une galette mécanique au mouvement qui oscille sans cesse entre régularité et cahos.
Un disque, des électrons, la vibration, la vie ? 

(enceintes diverses, Cilo sub...)
 

 

 

22 canaux /
23 enceintes

dimensions 6 x 6 m environ

lieu fermé et obscurité si possible

montage : une demie-journée

régie : 2 boutons à appuyer...

L E   C I E L   C R E V É

Comme un ascenseur vers le ciel qui fait lever la tête en se demandant jusqu'où ça peut aller, une ligne droite vers l'Espace, pleine de promesses et de menaces.

Note : cette pièce peut générer occasionnellement des niveaux sonores un peu élevés. Ça ne devrait pas présenter un problème pour les oreilles, mais pourrait l'être pour le voisinage immédiat...

 

 

 

 

 

(enceintes : 4 Altec-Lansing XA3021 et 2 XA3051 5.1)

 

16 canaux /
24 enceintes

hauteur : le plus haut possible, 5 mètres minimum

possibilité de suspension au plafond (5 kg)

montage :
3 heures

régie : 2 boutons à appuyer + 4 réglages

D ' A P R È S   N A T U R E

Si nous sommes bien des animaux dénaturés, cette distance, ce recul devrait nous permettre d'observer et d'agir en tirant parti de ce qu'on a obtenu en échange : une certaine intelligence, non ?
Mais s'il est parfois difficile d'en constater les bénéfices, on peut au moins écouter ce qu'en disent des anthropologues et des artistes, les surprendre dans leur milieu et peindre tout autour des paysages totalement artificiels qui soient plus vrai que nature...

Le dispositif haut-parlant de cette pièce est spatialement le plus étendu de la série. Il comporte un grand bouquet central, assez dense et foisonnant, autour duquel on peut se placer comme autour du feu à la veillée pour écouter les histoires contées, ainsi que, disséminés à l'entour, une collection de points très espacés, apportant la respiration et la distance nécessaires.
Avec des chercheurs et des artistes de la région savoyarde, et des mots-voix de Gaston Bachelard, Jean-Luc Godard, André Leroy-Gourhan, Claude Levi-Strauss, Olivier Messiaen...

 (préfiguration au festival "Y'a comme un mammouth sous le gravier" 2014)
 

(enceintes : S&D Dragon I v1 et v2, S&D iDragon, LG HG304SU et 305SU, Schaub Lorenz LS8802)
 

 

24 canaux

espace de 60 à 100 m²

si possible suspension de quelques objets légers (350 g)

montage :
une demie-journée

régie : conduite simple (5')

C O N C E R T I N I N O - T H É Â T R E

Un auditorium de poche, simplement posé sur une table, où l'on introduit la tête pour écouter les ébats d'une troupe de personnages-instruments, confinés dans un minuscule huis-presque-clos.

Il reste de mes années de conservatoire le souvenir d'une micro-société, finalement assez hiérarchisée et même un peu cloisonnée, mais représentant surtout une diversité de caractères où il était difficile de dire dans quelle mesure les particularités morphologiques et sonores des instruments influençaient, voir déterminaient le comportement de leurs instrumentistes...
Que l'on se rassure, il ne s'agit pas de refaire un "Pierre et le loup" par haut-parleurs interposés, mais de creuser et de jouer avec l'extraordinaire richesse de leurs matières et de leurs formes, autant que certaines des idiosyncrasies qui leur sont attachées, par lutherie ou par habitude.
Par ses dimensions et l'extrême proximité de l'écoute, ce tout petit théâtre apporte un niveau de précision et de détail qui est évidemment à l'opposé de la fosse Wagnérienne, creuset alchimique des mélanges de timbres. Mais l'idée d'un théâtre d'instruments n'est peut-être pas si éloignée.

(enceintes : 3 Miglia Diva, 3 Edifier E300, 3 Stripy) 

 

18 canaux /
28 enceintes

table de 1 m de côté

montage :
1 heure

régie : conduite simple (5')

 

 

 

F O R Ê T   F R A G I L E
(éloge de la diversité)

Cette forêt fragile, qui tient visuellement plus d'un terrain-vague jonché de plastique que de rangées d'arbres majestueux, c'est pour moi le monde des sons-qu'on-entend-pas, parce qu'anodins, parce qu'inutiles, que l'on ignore simplement parce qu'ils ne correspondent pas à ce que l'on attend d'eux (la communication ? la musique ?) et que l'on a décidé qu'ils étaient in-signifiants.
C'est aussi plus généralement la fragilité de l'écoute, qui en dehors de la loghorrée de zappings, du martellement d'annonces, de verbiage et de musiques réduites à l'état de bouillie, se retrouve souvent fort dépourvue lorsque tout cela s'arrête !
C'est surtout la fragilité de ce qui fait sens dans les sons, les nuances, les aspérités, les inflexions de la matière qui relatent des histoires d'un monde inouï, non pas parce qu'il est extraordinaire, mais parce qu'il n'est pas entendu...

La forêt fragile, c'est aussi plus concrètement le rassemblement de cette multitude d'objets hétéroclites destinés à une écoute solitaire, reflets un peu dérisoires de notre société du divertissement. En tant que systèmes de (re)production sonore ils sont d'ailleurs presque tous remarquables... par leur médiocrité (voir plus !), et leur apparence d'un goût que l'on peut souvent qualifier de douteux.
Mais comme dans les forêts de nos contes, ce domaine du bizarre et du biscornu est aussi une éloge de la diversité, une invitation à aller découvrir ce qui se cache derrière lui. Car voilà qu'ainsi réunis, et grâce à leur collaboration, leurs limites et leurs faiblesses sont transformées en particularités qui deviennent une richesse pour la collectivité. Ces "bibelots d'inanité sonore" de catalogue se métamorphosent en un ensemble contrasté et coloré, et, on pourrait presque dire, précieux.

Et puis c'est un lieu où l'on doit faire attention !
Où l'on met les pieds d'abord, car une bonne partie de ce petit monde rampe sur le sol, ne laissant vraiment libres que quelques sentiers pas toujours bien balisés.
On peut tout de même s'y promener tranquillement, à la lueur capricieuse de petites sources de lumière, fouiner, guetter, attendre que le merveilleux surgisse de sous le sapin (de Noël évidemment...), espérer surprendre la myriade de petits êtres qu'elle abrite sûrement et qui ne manqueront pas, de temps en temps, de faire entendre les bruissements de leurs membrannes.
On peut aussi s'y installer, se poser et se reposer, se laisser porter par ce grand mélange pointilliste aux couches agitées glissant les unes sur les autres, en une écoute à la fois flottante et éveillée. Le calme, l'obscurité et de quoi s'asseoir ou même s'allonger au sol n'y sont d'ailleurs pas optionnels...

Le dispositif de Forêt fragile est constitué, selon le dernier recensement, de 194 mini enceintes amplifiées (accompagnées de leur lot de câbles, de prises électriques et d'ordinateurs), pour la plupart associées en îlots répartis selon la configuration et les dimensions du lieu.
Il représente peut-être ma tentative la plus aboutie, en tout cas la plus ambitieuse, de créer un espace haut-parlant par la multiplication et la différentiation des sources sonores, qui intègre aussi les déplacements potentiels des auditeurs selon les jeux de distance et de proximité, les zones qui privilégient le mouvement ou le repos.
À la différence des techniques de virtualisation, où l'on s'efforce de créer un champ acoustique vraissemblable par la convergeance d'un nombre relativement restreint d'enceintes (c'est le cas typique du dôme et du traitement spatial ambisonique), ce genre d'espace pointilliste crée une réalité perceptive, évidemment non focalisée, qui résulte de la combinaison de l'ensemble de ces points-sources. Mais ce n'est pas non plus comme avec la "synthèse de front d'onde" (WFS), qui profite également d'un grand nombre de sources ponctuelles, mais qui les utilise pour générer un champ acoustique composé de sources virtuelle.
Non, ici les mini enceintes sont bien présentes, très peu "autour" et beaucoup "dedans", et leur choix et leur mise en scène assume complètement le caractère concret de leurs particularités sonores et visuelles, ainsi que les rapports, analogies ou bizarreries qu'elles entretiennent avec les sons qu'elles produisent. C'est pour moi à partir de cette diversité que peut émerger une virtualité réelle, comme celle qui émerge de la multiplicité des êtres vivants et des phénomènes naturels (ou non) qui constituent un paysage, pas celui que l'on regarde mais celui que l'on parcoure.

(première version réalisée pour le festival "Vivre les sons 2008" à Aoste - Isère)
(enceintes nombreuses et diverses...)

 


2008-R2017

180 canaux / 194 enceintes,
en 16 groupes asynchrones

espace fermé et obscur,
la lumière provient des sources leds qui équipent les enceintes

surface 150 m² minimum
possibilité de placer des tapis ou autres éléments propices à s'asseoir par terre

durée de l'installation : deux jours minimum

montage :
2 jours

régie :
conduite détaillée
(30 à 40')


(schéma d'implantation envisagé pour la version 2017 sur 180 canaux - salle Camille Claudel, Clermont-Ferrand)


(schéma d'implantation de la version 2008 sur 64 canaux - Jodo d'Aoste)

 

  

 

M O B I L E S   E T   S T A B I L E S

Une grande machine éclatée, mi-mécanique mi-organique, où s'affrontent et se combinent deux temporalités opposées : la régularité, la répétition, la permanence et la stabilité d'une part, la dérive, l'imprévisibilité, la mobilité et l'évolution d'autre part.

On retrouve ce tiraillement dynamique de l'atome aux galaxies, dans notre corps et notre quotidien, et il constitue même le fondement de la plupart des musiques ;-)
La machinerie est évidemment aussi au centre du travail sur les sons dits fixés : c'est le tourne-disque, puis le magnétophone et l'ordinateur qui, par leur régularité mais aussi la possibilité de les détourner de leur simple fonction première de répétiteurs, a permis l'émergence de la "musique concrète" ou aujourd'hui des "musiques électroniques".
Le pouvoir de répétition de ces machines peut bien-sûr conduire à des formulations un peu bêtes (voir abêtissantes), mais aussi à des constructions temporelles au pouvoir séduisant et hypnotique, le fameux "pouvoir d'Orphée" de Bernard Parmegiani, auquel je succombe et que je combat périodiquement...

 

Ce qui m'intéresse ici ce sont moins les machines-aliénantes de Metropolis ou des Temps moderne, que celles qui possèdent en elles-même l'origine de leur dérèglement, comme celles de Mon Oncle ou de La belle américaine : des machines capricieuses, des machines dérisoires, des machines qui, sans le faire exprès, deviennent créatives.
Et puis, dimension souvent oubliée dans les musiques, c'est comment ces rouages invisibles s'enclenchent et s'entraînent dans l'espace, comment le visiteur va s'y glisser, physiquement et mentalement, comment le temps et l'espace vont échanger leur rôle en fonction de ses déplacements, comme une architecture en ruines qui essaierait continuellement et sans succés de retrouver sa posture initiale.

Mobiles et Stabiles comporte neuf structures haut-parlantes, comprenant de 1 à 10 canaux, placées au sol, sur des supports ou suspendues. La configuration du lieu détermine en grande partie leur choix et leur agencement.
Note pour le voisinage immédiat : le niveau sonore peut être un peu fort à certains moments, mais contrairement à beaucoup de concerts, il n'est jamais besoin ici de bouchons d'oreilles ;-)


(aperçu potentiel...)

(première version au Prieuré de Pommiers dans le cadre du festival "Le son des choses" 2009) 
(enceintes : Jamo A210, Altec-Lansing FX2020, Nakamishi SP-3D, KEF HTS 2001, Davis Club HC501, Theatre Research TR-501, Giraudax 2, Akaï, Speedlink Nova 2.1, JBL Creature sub, Razer Mako sub,...) 

 


2009~
(en révision)

nombre de structures et de canaux variable

enceintes, amplificateurs, mini enceintes amplifiées, supports divers,
ordinateurs et cartes son

lieu disposant de possibilités de suspension et  d'accrochage

 

 


 et aussi, pour mémoire...

T R E N T E - D E U X   I N S T A N T S   P R E S Q U E   O R D I N A I R E S

(version initiale réalisée pour le festival Atmosphère + 2010, dans la maison d'Odette Bellec à Plouguernevel, Côtes-d'Armor)

Images naïves, sons à nu ou déguisés, des moments à savourer simplement, entrecoupés de conversations et de petits gâteaux...
Composée pour être installée dans une toute petite maison bretonne, cette collection de courtes pièces peut encore, dans une configuration matérielle un peu différente, poursuivre ses histoires dans d'autres lieux.

                
(photographies Bernard Bretonneau)

 

2010

18 canaux

petite maison ou appartement

montage
4 heures

 

 

 

G R I S S O N N A G E S

Le crayon exploration, le crayon expression, glisse sur la tablette, réveillant, révélant un canvas invisible sous lequel sont cachés objets et paysages.
Comme le pinceau de lumière d'une lampe torche qui parcours l'espace, les formes et les couleurs sonores sont dévoilées par petits bouts, et seule la mémoire qui en conserve une empreinte les empêche de replonger dans le néant aussitôt que se relève le crayon.
Chacun possède une approche qui lui est personnelle : on peut explorer à tâtons, quadrillant précautionneusement la surface comme lors d'une fouille archéologique, par petit gestes attentifs ; on peut aussi laisser courir le crayon en gribouillis débridés, tout au plaisir du geste, quitte à l'arrêter brusquement lorsqu'un évènement particulièrement remarquable nous saute à l'oreille.

Grissonnages est donc, d'abord, une affaire d'exploration solitaire des liens qui unissent la main et l'oreille. Mais celà peut aussi devenir un jeu à deux mains et à quatre oreilles. Il y a en effet deux "tableaux" imbriqués, et, face à face, deux tablettes pour animer les sons produits par les vingt petites enceintes qui sont disposées sur la table.
Pour bien jouer à deux, il faut déjà pouvoir repérer qui-fait-quoi, et ce n'est pas si facile ! Heureusement, chaque tableau/tablette possède sa propre logique sonore et gestuelle. D'un côté, on dessine lignes, chapelets de points et taches de couleurs, on modèle la matière, l'étire et la tord, et de l'autre on dévoile des objets, des images, on fond des nuances et fait émerger des reliefs.
Jouer à deux, c'est alors construire un tableau commun, unique, fugace et éphémère, le temps de la rencontre et du dessin.

(présentation au festival "Vivre les sons 2004", Les Avenières)

 

2004

2 x 10 canaux

2 tablettes graphiques,
logiciels originaux 

plateau de 2 x 3 mètres environ, deux chaises

montage
2 heures

 

 

L E S   P I E D S   S U R   T E R R E

Si le principe peut être anecdotique, voir des images s'animer sous nos pieds lorsque l'on se déplace dessus, il peut être aussi l'origine d'une aventure exploratoire merveilleuse. 
Les pieds sur Terre est un grand jardin dont on ne voit jamais qu'une partie, un neuvième de sa surface totale pour être précis.
Il abrite des objets visuels et sonores qui s'animent au passage des visiteurs, avec lesquels ils peuvent jouer. Ce sont eux aussi qui décident d'en faire apparaître telle ou telle partie utilisant la navigation d'une boussole qui surgit à certains moments. Peu à peu, au fil de leurs passages, le jardin se transforme. Il se dégrade en même temps qu'il s'enrichit des traces que les visiteurs ont laissés, jusqu'à ce qu'il se retrouve à nouveau dans son état initial pour un nouveau cycle de métamorphoses.
La première version a été réalisée sur une initiative de Frieder Weiss (programmeur du système Eyecon) pour fonctionner en nocturne dans une rue piétonne de Dresde durant l'été 2003. Une seconde version plus développée a été présentée au Château des Adhémar à Montélimar en 2006.
La partie visuelle et sonore a été programmée à l'aide du logiciel Multimedia Fusion.


(commande de la Trans-Media-Akademie de Dresde, création à Dresde, juillet 2003)

 

2003-R2006

6 canaux audio et vidéo projection

capteur vidéo et analyse du mouvement Eyecon et logiciel original

espace permettant de faire l'obscurité,
hauteur 5 mètres minimum,
accrochage du vidéoprojecteur au plafond

montage
une journée


(la vue d'ensemble des neuf zones du jardin, plusieurs états sont superposés) 

 

  

L E   T H É Â T R E   D E   L A   M É M O I R E

L'extension au domaine de l'image de mon travail sur le son passait pour moi bien-sûr par l'espace. C'était même sa justification, et à ce moment là sa seule manifestation possible.
Cette installation était à mon niveau bien ambitieuse, car elle juxtaposait son et image bien-sûr, mais surtout des espaces de représentation mentale de ces images sonores et visuelles que je souhaitais imbriquer, échanger, à la fois dans le sens qu'elles pouvaient porter et dans les jeux avec la perception que ces croisements permettaient.
C'était la première fois où j'appliquais le principe des îlots, neuf ici, qui combinaient de petites entités autonomes en une sorte de scénographie qui les mettait en perspective les unes avec les autres.
Techniquement, c'était également un challenge, et j'y avais placé à peu près tout ce que je possédait comme ordinateurs, magnétophones, échantillonneurs, et écrans.
Elle n'a été présentée que durant un week-end (de grève des transports...) par le GMVL à la Villa Gillet à Lyon.

 theatre.gif


1998

7 canaux vidéo, 14 canaux acousma

 

 

 

 

L ' Œ I L   T A C T I L E

l_oeil2.gifTrois sections / seize environnements
Persistance de la Vision :
Lumière / Transparence / Échelles / Distorsions
Le Topogéométricon : Petite géométrie euclidienne, ou pas... / Mécaniques auto-mobiles / Volumes, surfaces, couleurs
Milieux : Atomique / Aquatique 1 (faible profondeur en eau douce) / Aérien 1 (basse atmosphère) / Terrestre 1 (micro-organismes) / Organique / Terrestre 2 (macro-organismes) / Aérien 2 (haute atmosphère) / Aquatique 2 (océan profond) / Galactique...

L'oeil tactile a constitué une sorte d'aboutissement pour ma première dizaine d'années de composition acousmatique multiphonique, qui a vu un passage progressif de pièces de concert vers l'installation.
Le dispositif reprenait le principe de l'organisation spatiale basée sur le maillage tri-dimensionnel irrégulier introduit avec les Formes et couleurs de la vie, profitant ici d'une résolution affinée grâce au 8 canaux supplémentaires.
Cette œuvre représentait aussi une sorte de manifeste qui couvrait pratiquement toute l'étendue de mon possible sonore, des images "dites réalistes" de la première partie aux tracés plus formels de la seconde, avec bien-sûr un long développement sur les états intermédiaires de la troisième.
 
création festival Musiques en Scène GRAME - Lyon, mars 1997



1996-97

24 canaux 3D

1h15

 

 

 

A C O U S M A - P A R C  (1)

9 pièces complémentaires formant une installation multizones :

instantanes.gif
Cent-vingt-huit instantanés (en écran)

feerie2.gif
Petite féérie en quatre dimensions
(en volume)

ruban2.gif
Le ruban des excès
(en cercle)

latour.gif  
La  tour aux métaux d'oubli (en hélice)

letactile.gif 
Le tactile et le ductile
(en arche)

contes.gif
Contes et légendes de l'Invisible
(en pyramide)

interieur.gif
Intérieur mauve  avec personnage
(en surface)

Dynamique de l'ailleurs
(en ligne)

La voix souterraine
(en point)

Ce premier Acousma-Parc n'a jamais été présenté dans son ensemble... et je ne possède plus les moyens techniques de sa reproduction (ordinateurs ATARI et échantillonneurs).
 


1992-96

9 + 8 + 7 + 6
+ 5 + 4 + 3 +
2 + 1 canaux

 

 

F O R M E S   E T   C O U L E U R S   D E   L A   V I E
carnet de croquis pour seize haut-parleurs

formes2.gif
La composition de Formes et couleurs de la vie a tenu lieu pour moi d'un jeûne salutaire, qui débarasse l'organisme des déchets accumulés, l'oblige à utiliser plus efficacement ses ressources et le conduit vers "l'essentiel".
C'est une pièce qui présente effectivement un caractère assez ascétique : concision, polyphonie très réduite, préférence pour les lignes plutôt que les masses, silences...
C'est que l'enjeu était de taille : parvenir à façonner des objets sonores quasi palpables, des formes haut-parlantes concrètes qui soient réellement perceptibles, qui soient autant vues et senties qu'entendues.

Avec seulement 16 canaux, le dispositif était assez limité, mais grâce notamment au choix de placer des points de projection à l'intérieur de l'espace et pas seulement sur sa périphérie, la répartition spatiale des enceintes permettait déjà une écriture de l'espace tri-dimensionnel assez sophistiquée...

création festival FUTURA à Mirabel et Blacon - août 1995


1994

16 canaux 3D

petite salle (40 à 60 m² env., plafond 4 mètres), acoustique mate, obscurité ou pénombre