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é c o u t e r
(la différence)

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Comme le CD ou la radio, Internet représente un moyen qui semble approprié pour donner à entendre des œuvres dont la diffusion publique est rare. Mais comme ces médias, il s'insère dans la chaîne de reproduction stéréophonique que j'ai délaissée depuis 35 ans (ma dernière composition dans ce format remonte à 1985...).
Ce n'est pas que ceux-ci ne constituent pas en tant que tels de merveilleux environnements pour la composition, c'est juste que ces espaces sonores présentent pour moi une très faible attirance face à l'ampleur et à la richesse des territoires haut-parlants que je me plais à explorer !
Comment faire alors pour partager néanmoins mon travail, ou plutôt, comment en diffuser une image qui, sans le remplacer, le représente suffisamment pour que l'auditeur puisse s'en faire une idée, à la manière dont une carte postale ne se confond pas avec le lieu qu'elle représente mais peut donner envie de s'y rendre ?

Ces dernières années j'avais utilisé la technique du mixage binaural pour produire des versions en "son 3D" facilement écoutables au casque. Cette approche est aujourd'hui largement répandue et elle pouvait donner des résultats agréables à écouter, et quelques-fois pas si éloignés de ce qu'ils étaient censés représenter, même si cette impression dépend grandement de la morphologie (oreilles et tête) propre à chacun.
Mais au delà de cet aspect, quelque-chose clochait : contrairement à la visualisation d'une photo par rapport au paysage qu'elle représente, nos oreilles et surtout notre cerveau ne savent pas bien faire la différence entre ce qui serait "le réel" et une "image du réel", ou autrement dit, l'amènent à confondre l'objet de la perception avec la perception de l'objet. C'est une merveilleuse propriété sur laquelle nous jouons sans arrêt, mais elle aboutissait ici à un mélange des genres qui ne s'accordait pas avec la plasticité des œuvres, gommait leur partie haut-parlante pour n'en conserver qu'un contenu désincarné. Il manquait une distance acoustique et une objectivation de l'audition.

ps-binaurale2b.jpg                        ps-binaurale2b.jpg

Les pièces et extraits qui suivent résultent d'enregistrements réalisés avec une "tête artificielle" dans mon acousmonef, de la même manière que l'on enregistrerait le son produit par un orchestre dans une salle de concert.
Ce procédé n'est évidemment pas neutre car le son se retrouve plus ou moins fortement coloré par le système de captation, le dispositif haut-parlant et l'acoustique du lieu, mais je le trouve néanmoins préférable aux colorations qui sont introduites par les traitements HRTF et par le mixage (même si celui-ci produit forcément une sonorité plus claire).
Surtout, les indices psychoacoustiques sont ici beaucoup plus stables car ils respectent les dimensions du lieu et les distances des enceintes sans avoir besoin de recourir à des artifices plus ou moins discutables (délais, réverbérations, filtrages). Ils produisent une "externalisation" (l'impression d'être dans un espace plutôt que d'avoir les sons "dans la tête") très naturelle, même si sa justesse, notamment dans l'axe vertical, reste toujours soumise aux variations morphologiques individuelles (voir la page consacrée aux tests d'écoute comparative).
Enfin, la paire de microphones tient parfaitement le rôle de l'objectif de l'appareil photo face au paysage, et histoire de lever toute ambiguité, ces enregistrements sont présentés sous la forme de vidéos qui ne montrent rien d'autre que le plan fixe du système de captation selon le positionnement de la tête dans la salle (ou même rien du tout). On aura dans tous les cas intérêt à fermer les yeux...
Certains enregistrements sont accompagnés d'une version mixée avec visualisations plus adaptée à une écoute analytique.

Sinon, que penseriez-vous de venir me rendre visite pour comparer la différence et écouter directement les sons dans l'air ? 
(contact : sonsdanslair@free.fr)

 


Important : contrairement à la majeure partie de ce qui est diffusé sur Internet, ces enregistrements n'ont subi aucune compression de leur dynamique. Leur niveau moyen pourra paraître bas (et certains passages peuvent aussi être très faibles) : montez le volume !
D'autre part leur écoute stéréophonique sur enceintes est déconseillée car, sans parler de la perte de l'image spatiale, la sonorité sera altérée.

 

Préludes à l'espace
         Entre les cordes
         Mots contre points
         L'horloge des anges ici-bas

Densités (maillage "3D" 67 canaux, 2019-20)
         sélection/montage à partir de l'installation, point d'ouïe fixe (1h)

Cristallites anastylosées (installation 18 canaux, 2019) 
         sélection (20')

Les paradoxes d'une sphère tronquée (45 canaux "dôme", 2016-19)
        point d'ouïe n°1   extraits (17')
        point d'ouïe n°2   extraits (17")

Coquilles & bulles (54 canaux "sphère", 2018)
        point d'ouïe n°1   sélection (19')
        point d'ouïe n°3   sélection ()
                 version mixée avec sonogramme 

La Cage (59 canaux "cirque", 2012-18) :  
        point d'ouïe n°1, version complète (sauf interlude)
         1. Les Ombres ; 2. Les Ondes (14')
         3. Les Mots (16') d'après les archives Photosonor
         4. Les Notes ; 5. Les Autres (16')
        point d'ouïe n°2 :   version intégrale (47')

Histoires fantacousmatiques (38 canaux "cinéma", 2015)
         1. L'horloger solitaire ; 2. Marmites de géants et cheminées de fées (21')

Cordes frottées (32 canaux "cinéma", 2014)
         version courte (13')
                 version mixée avec sonogramme

Jeux de construction (Constructions III) (44 canaux "cirque", 2014)
         extraits (24')
                 version mixée avec sonogramme

Cinq portraits de Marie-Louise (32 canaux "cinéma", 2013)
         1. À la tienne ; 2. C'est pas des cloches qu'on entend ? (10')

Cinq mini mandalas (18 canaux, 2011)
         version complète (8')

Constructions I : Cinq tentatives d'assemblage (18 canaux "cinéma", 2006)
        1. Blocs et bribes, Essai d'emboîtements ; 2. Écailles et débris, Images sous le vent ; 3. Lignes et failles, Suspension (19')
                 version mixée avec sonogramme 

Formes et couleurs de la vie, Carnet de croquis pour seize haut-parleurs (16 canaux "3D", 1994)  
         extrait (25')

Scènes de la réalité plus ou moins quotidienne, Vingt-cinq portraits, paysages et scènes de genre (16 canaux "3D", 1993)  
         extrait (28')

Le temps des ambiguités (acousmonium 12 canaux, 1990-91)
        
1. Étude de ciels ; 3. Entre cristal et fumée ()

La cicatrice du geste (original stéréo, 1984)
            version spatialisée en "cinéma 36 canaux" en 2012

 

novembre 2020 lors des captations binaurales :

 ps-binaurale1.jpg
point d'ouïe n°1

 

ps-binaurale3.jpg
point d'ouïe n°2

 

 

 ps-binaurale3.jpg
point d'ouïe n°3

 

 

Notes techniques

  • point d'ouïe n°1 : la tête artificielle est constituée d'un support à perruques en polystyrène, de deux oreilles en silicone et d'un couple de microphones omni-directionnels Lom Usi placés à l'intérieur de la tête et dont la surface affleure l'intérieur des oreilles
  • point d'ouïe n°2 : support à perruque "réaliste" en plastique avec micros Soundman OKM placés à l'extérieur des oreilles
  • point d'ouïe n°3 : enregistrements réalisés dans l'atelier d'hiver (33.1 / 26 m²) avec les micros Usi
  • les enregistrements sont effectués avec une caméra Zoom Q4n ou un Zoom H6 en 48 kHz / 24 bits.
  • pour les pièces de type séances, la tête est généralement positionnée près du centre du dispositif haut-parlant, à une hauteur d'environ 1,60 m, afin de produire un enregistrement qui soit équilibré dans les trois dimensions
  • d'autres positionnements peuvent être utilisés, notamment pour les pièces qui sont issues d'installations
  • le seul traitement pouvant être appliqué à ces enregistrements est une légère réduction de bruit fixe avec le plugin Acon Digital DeNoise (tête Usi)
  • dans certains cas les niveau les plus faibles ont été remontés de quelques dB afin de compenser la dynamique réduite de l'écoute au casque
  • pour comparaison et analyse : le mixage binaural effectué avec des plugins de traitement HRTF comme le GRM-Tools SpaceVR
     

 

 

Des solutions alternatives ?

1 : l'enregistrement microphonique en ambisonique d'ordre 1, 2 ou 3 ?
Cette méthode largement utilisée (en ordre 1...) permet théoriquement d'allier la captation spatiale acoustique avec une écoute binaurale qui soit enfin adaptée à la morphologie de l'auditeur. Pour cela faut-il encore que celui-ci dispose de ses HRTF personnels... et que ceux-ci soient meilleurs que les modèles standards, ce qui pour l'instant est loin d'être garanti.
De toute manière, même si Facebook permet la lecture de flux codés en ambisonique d'ordre 3 il ne supporte pas pour l'instant les HRTFs personnalisés.
Mais le principal problème pour moi est que cette méthode combine plusieurs causes de dégradation du son et de compromis qui, d'après mes expériences, produisent un résultat qui peut être parfois acceptable mais ne souffre pas la comparaison avec la captation par tête artificielle : d'un côté la captation en ordre 1 respecte la sonorité mais produit une spatialité confuse et de l'autre la captation en ordre 2 ou 3 améliore celle-ci mais le processus de conversion A vers B déteriore le spectre d'une manière plus ou moins importante, sans oublier les effets du décodage et du traitement HRTF lui même.
Donc...

2 : l'enregistrement par un réseau sphérique de 16 micros
Cette méthode n'est ni économique ni pratique mais elle permet d'obtenir un enregistrement de qualité pouvant être utilisé avec un traitement HRTF personnalisé sans générer les dégradations propres à la chaîne ambisonique. Dans ce cas le résultat peut théoriquement être meilleur que celui qui est produit avec les têtes artificielles.
Le principal problème est évidemment qu'il ne peut être utilisé sous cette forme en diffusion domestique, mais il peut par contre être facilement réduit selon le "7.1.4" qui est associé au Dolby Atmos, DTS:X, MPEG-H, SONY 360 Reality etc.
Pour l'instant ces formats nécessitent des licences spéciales et ne sont accessibles qu'avec certains équipements ou abonnements et, à part pour SONY, ne supportent de toute manière pas les HRTF personnels.
Je peux néanmoins proposer le téléchargement de certains enregistrements pour les personnes qui souhaiteraient effectuer elles-mêmes les conversions HRTF. Contactez-moi...