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enregistrements binauraux
 

Vous trouverez sur cette page une collection de pièces, principalement issues de la série Préludes à l'espace, sous la forme d'enregistrements binauraux destinés à être écoutés exclusivement avec un casque ou des écouteurs.

ps-binaurale2b.jpgToutes les œuvres présentées ici sont normalement faites pour être entendues dans l'air, à travers les concrétisations produites grâce à une combinaison d'enceintes, d'amplificateurs et d'acoustiques propre à chaque lieu. À cela il faudrait aussi ajouter l'emplacement qu'occupe les auditeurs-trices, car ces compositions sont rarement égocentrées : chaque point d'ouïe constitue en quelque sorte une version propre à chacun-e où se mêlent perception, sensations et imagination. En donner une image unique, qui puisse être entendue partout et par tous-tes, constitue l'objet et la gageure de ces écoutes.

La technique de l'enregistrement binaural qui est employée utilise une tête artificielle qui a été placée au centre de l'Acousmonef lors de la lecture/diffusion des pièces, et qui a en capturé l'empreinte spatiale et acoustique. Mais quelle que soit la qualité et le niveau de "fidélité" du résultat, il est important de se rappeler que contrairement à un CD ou à un site où sont placées des compositions stéréophoniques, il s'agit ici d'images possibles des œuvres, pas des œuvres elles-mêmes...
Ces enregistrements sont donc présentés sous la forme de vidéos où le son est accompagné de visualisations. En dehors de leur intérêt pédagogique – elles montrent d'une manière plus ou moins détaillée la nature réelle de la matière spatiale ainsi que certains aspects de son écriture – ces représentations peuvent aussi aider à entendre mieux ce qui transparait à travers ce médium.

Une autre sélection de ces pièces, résultant d'un mixage binaural cette fois,  peut être écoutée sur ma page Bandcamp. Il peut être intéressant de comparer les deux versions...

ps-binaurale1.jpg

Notes :
- la dynamique des pièces n'est pas compressée, ce qui veut dire que par rapport à la majorité des musiques que l'on peut écouter sur Internet, il sera peut être nécessaire de monter le niveau d'écoute
- si l'écoute se fait en stéréophonie sur une paire d'enceintes la spatialité ne sera pas reproduite et la sonorité sera dégradée
- double-cliquer sur les vues pour la passer en plein écran ; si l'image est floue vérifier que la "qualité" est bien réglée sur "1080p HD"
- les liens sur les titres renvoient aux pages "
de l'autre côté des membranes" qui décrivent l'élaboration des pièces

Préludes à l'espace ou Petits aperçus de l'Acousmonde (2016~), format de composition volumétrique sur 80 points :

Aphorismes (6'53)

Auscultation d'un rire (6'53)


 Aux cratères de Lune (7'14)


Berceuse pour un chat et une libellule
(2'55)


 Byöbu à treize feuilles (5')


Canticum resonabilis
(6'07)


 Construction 4 (in various materials) (11'10)


Cordes frottées
(10'16)


Courir sous une pluie de toupies
(2'59)


Décompte à rebours
(9'28) 


Des chiffres et des gestes
(4'26)


Douze échelles pour un échafaudage
(4'09) 


Emboîtements
(6')


Entre les cordes
(9'10)


Immersion dans une géante gazeuse (7')


La boutique d'ombres
(4'52)


Le chant des écailles
(6'18)


Le grand combat (6') 


L'énigme des objets (Nature morte vivante)
(9'17)


L'envol de l'arbre
(3'58) 


Le pas suspendu de l'épeire
(6')


Le rêve de Newton
(3'25)


Les pieds dans la tête
(9'22)


Le théâtre nu, ou Presque rien avec chat
(7'14)


L'étoile-papillon
(5'43)


L'horloge des anges ici-bas
(6'05)


Magnétosphère
(4'58)


Mots contre points
(4'20)


Petite glaciation passagère
(7'06)


Portrait en abyme
(4'50)

 


Court prélude pour une nuit blanche...
(2'49)


Trépidanse
(7'15)


Rouages
(3'10)


Scène aux champs
(10'02) 


Étude sur un ciel changeant (12'07)


Sinfonia del vecchio mondo (13'30)


Visage dans les brisements (5'48)


Vitrail (6'24) 

 

 

 

La Cage (2012-18), format de composition volumétrique 59 points, cinq parties : 


1. Les ombres + 2. Les ondes


3. Les mots


4. Les notes + 5. Les autres

 

 

 

 

Cinémaphonies (Visions de l'Acousmonde), vidéos 


Point de rosée (8'20)


Rouge manège (4'47) 

 

 

Voir également la page consacrée au téléchargement de pièces dans leur format original haute résolution.

 

 quelques explications

 

À propos des visualisations

Les enregistrements binauraux sont associés à des visualisations qui peuvent comprendre selon les cas :
- l'animation des crêtes d'amplitude en fonction de la position spatiale des points de diffusion
- le sonogramme global de la pièce, généralement sur 67 ou 80 canaux
- le déroulement temporel du sonogramme avec, à gauche, une vue symbolique de la position des points haut-parlants en rapport avec la position verticale des canaux.

Cette dernière représentation permet, un peu comme sur une partition musicale, de suivre l'écriture des masses spatiales et leur répartition sur le système haut-parlant. Ceci ne représente évidemment pas ce qui est entendu, mais ce qui est normalement produit et qui est plus ou moins simulé avec la binauralisation.
Les points sont regroupés par couleur en fonction de leur élévation et de leur situation par rapport au centre de l'espace. Cela donne de haut en bas sur le graphisme :
- 1 à 12, vert : anneau périphonique niveau 1 (12 points)
- 13 à 28, bleu : anneau périphonique niveau 2 (16 points)
- 29 à 40, rouge : anneau périphonique niveau 3 (12 points)
- 41 à 56, vert + bleu : anneaux intérieurs niveaux 1 et 2 (2 x 8 points)
- 57 à 66, rouge + jaune : anneaux intérieurs niveaux 3 et 4 (4 + 6 points)
- 67 à 78, colonne centrale 4 points sur 4 niveaux (points vert / bleu / rouge / jaune) + 8 points intermédiaires sur 3 niveaux (2 verts, 4 mauves, 2 oranges)
- 79/80, gris : les deux points lointains extérieurs à la salle, au nord et au sud
Les couleurs des sonogrammes représentent l'intensité des fréquences, du rouge sombre (pp) au vert (ff), noir = rien...

Note : les lignes horizontales plus ou moins régulièrement espacées sont un artefact de l'affichage dans Reaper dépendant du niveau de zoom vertical, qui est ici extrêmement réduit compte tenu du nombre important de canaux. Ne pas en tenir compte...

 

 

Les différentes saveurs du binaural

1. Une méthode assez efficace et simple dans son principe consiste à enregistrer la diffusion haut-parlante au moyen d'une tête artificielle, cet enregistrement binaural natif étant ensuite directement écoutable au casque. Si cela ne solutionne évidemment pas l'incertitude du rendu en fonction des différences morphologiques propres à chacun, les indices psychoacoustiques sont assez stables car ils sont basé sur les dimensions et l'acoustique du lieu, et les différentes distances des enceintes à l'auditeur sont assez bien rendues et produisent une "externalisation" (l'impression d'être dans un espace plutôt que d'avoir les sons "dans la tête") très naturelle. Mais ce procédé n'est évidemment pas neutre car la sonorité se retrouve ainsi plus ou moins fortement colorée par le système de captation, le dispositif haut-parlant et l'acoustique du lieu.
C'est cette méthode qui a été utilisée pour les écoutes de cette page.

2. Alternative la plus répandue, la technique du mixage binaural permet de produire des versions adaptées à cette écoute au casque au moyen de techniques de filtrage complexes, les fameuses courbes HRTF (fonctions de transfert relatives à la tête) appliquées sur le contenu multicanal. Mais en l'absence de diffusion aérienne, la sonorité est certes précise mais je trouve qu'il lui manque la distance qu'apporte la captation du réel. Un bon dosage de simulation acoustique (réverbération) est plus ou moins indispensable pour aider le cerveau à reconstituer une scène tridimensionnelle convainquante.
C'est cette technique que j'ai employé pour les écoutes qui accompagnent les pages De l'autre côté des membranes.

3. Enfin, le développement des formats "immersifs" au cinéma des dix dernières années a abouti à une large diffusion de "l'audio spatial", aujourd'hui décliné sous des formes aussi diverses que les systèmes multicanaux home-cinema, les barres de son, les enceintes d'ordinateurs et connectées, sans oublier les casques et écouteurs. On pourrait évidemment trouver dommage que cela passe le plus souvent par le format Dolby Atmos, propriétaire, contraignant, potentiellement onéreux et finalement assez limité, d'autant que d'autres solutions plus ouvertes ou plus performantes existent, comme par exemple l'ambisonique en ordre élevé (HOA), le MPEG-H, le format Mach1 ou le nouveau Eclipsa Audio, qui toutes tiendraient parfaitement ce rôle de "mp3 de l'espace"... sachant que de toute façon tout cela finit la plupart du temps dans un casque !

ps-binaurale2b.jpg

ps-binaurale2b.jpg

ps-binaurale2b.jpg

 l'espace volumétrique 80 points de l'Acousmonef 

 la tête artificielle avec micros Lom Uši

 le plugin Spacelab

Note : je présenterai peut-être aussi, plus tard, des versions encodées en Dolby Atmos. Mais sans parler des contraintes économiques (cela a un coût) et pratique (la diffusion doit passer par une chaîne matérielle et de distributeurs dédiés), la qualité sonore résultant de la compression et les incertitudes sur son rendu (home-cinema, barres de son, ordinateurs et smartphones, enceintes compactes, binaural...) font que pour l'instant il est infiniment préférable de se tourner directement vers les versions binaurales : c'est plus simple, plus efficace, plus fiable et plus économique...

 

 

Notes techniques

  • la tête artificielle est constituée d'un support à perruques en polystyrène, de deux oreilles en silicone et d'un couple de microphones omni-directionnels Lom Usi placés à l'intérieur de la tête et dont la surface affleure l'intérieur des oreilles
  • la tête est positionnée près du centre du dispositif haut-parlant, à une hauteur d'environ 1,70 m, afin de produire un enregistrement qui soit équilibré dans les trois dimensions et qui puisse rendre les différents plans de proximité
  • les enregistrements sont effectués sur un Zoom H6 ou F1 en 48 kHz / 24 bits
  • les visualisations schématiques des crètes d'amplitude dans les vidéos sont réalisées avec le plugin SpacedView 128 en lecture directe des fichiers multicanaux originaux

 


différentes méthodes de produire et de transmettre du binaural, sur ce site j'utilise la première et la troisième